« L'islam des musées » : sociohistoire de la (re)présentation de l'islam dans les politiques culturelles françaises. Les cas du Louvre et de l'Institut du monde arabe

par Diletta virginia Guidi

Projet de thèse en Sciences politiques

Sous la direction de Philippe Portier et de François Gauthier.

Thèses en préparation à Paris Sciences et Lettres en cotutelle avec l'Université de Fribourg , dans le cadre de École doctorale de l'École pratique des hautes études (Paris) , en partenariat avec Groupe sociétés, religions, laïcités (laboratoire) et de École pratique des hautes études (Paris) (établissement de préparation de la thèse) depuis le 01-09-2012 .


  • Résumé

    Au cours des trois dernières décennies la majorité des grandes capitales se sont dotées de musées – en partie ou entièrement – consacrés à l'islam. On peut citer parmi elles : Paris, Le Caire, Berlin, Londres, New York, Téhéran, Istanbul, Kuala Lumpur, Doha, Copenhague, Athènes. Cet engouement international, qui trouve ses origines en Europe à la toute fin du XIXème siècle, se renforce considérablement à partir des années 2000. La France semble être le pays européen leader de cette « islamania » muséale (Rieffel, 2011) : du Louvre aux plus petites associations subventionnées par l'État, le nombre d'institutions culturelles qui décident d'investir dans ce secteur artistique ne cesse de croître. On recense à ce jour plus de quarante musées publics qui présentent ou conservent des objets relevant des « arts musulmans » aujourd'hui appelés « arts de l'Islam » (Boyer, 2006). L'intérêt des politiques culturelles françaises pour la plus grande des minorités de France, la «communauté musulmane », est donc indéniable. En dépit de cette présence numériquement et symboliquement importante, il n'existe quasiment aucune étude en sciences sociales sur la place de l'islam dans les institutions culturelles (musées, associations, ou fondations). Alors que les travaux sur la gestion du religieux dans les institutions carcérales, hospitalières ou scolaires s'inscrivent dans une longue et prolifique tradition scientifique, les recherches sur la « gestion culturelle de l'islam » sont encore très rares. L'objectif de ma thèse de doctorat, entamée en 2013 en cotutelle entre Fribourg (UNIFR) et Paris (Ecole Pratique des Hautes Etudes), est de s'intéresser à cette nouvelle forme de gouvernance du religieux par la Culture. A la croisée entre les études sur l'islam, sur l'art et sur les politiques publiques, l'enjeu de ce travail est d'apporter les premiers éléments de réflexion sur un pan de recherche encore peu exploré et pourtant riche en données scientifiques.

  • Titre traduit

    "Islam in Museums": sociological framings of Islam in French political policies. The Louvre and the Institut du monde arabe cases.


  • Résumé

    Over the past three decades most major capitals have had museums - partly or wholly - devoted to Islam. Among them are: Paris, Cairo, Berlin, London, New York, Tehran, Istanbul, Kuala Lumpur, Doha, Copenhagen, Athens. This international craze, which has its origins in Europe at the very end of the 19th century, was considerably reinforced in the 2000s. France seems to be the leading European country in this museum "islamania" (Rieffel, 2011): from the Louvre to As the smallest publicly funded associations, the number of cultural institutions that decide to invest in this arts sector continues to grow. To date, there are more than 40 public museums that present or preserve objects of the "Muslim arts" now called "arts of Islam" (Boyer, 2006). The interest of French cultural policies for the largest of France's minorities, the "Muslim community", is therefore undeniable. Despite this numerically and symbolically important presence, there is virtually no social science study on the place of Islam in cultural institutions (museums, associations, or foundations). While work on the management of religion in prison, hospital or school institutions is part of a long and prolific scientific tradition, research on the "cultural management of Islam" is still very rare. The objective of my doctoral thesis, begun in 2013 as a joint study between Friborg (UNIFR) and Paris (Ecole Pratique des Hautes Etudes), is to focus on this new form of religious governance through culture. At the crossroads between studies on Islam, art and public policy, the challenge of this work is to provide the first elements of reflection on a section of research still little explored and yet rich in scientific data .