De l'obsession du sang pur à la reconnaissance du métissage et à la valorisation du multiculturalisme : la Corée du Sud et les enfants nés de couples mixtes (1910-2016)

par Bak-Ne Im Ahn

Thèse de doctorat en Sociologie, démographie. Migrations et relations inter-ethnique

Sous la direction de Dominique Vidal.

Le président du jury était Françoise Lestage.

Le jury était composé de Dominique Vidal, Françoise Lestage, Alain Delissen, Milena Doytcheva, Jine-Mieung Li.

Les rapporteurs étaient Alain Delissen, Milena Doytcheva.


  • Résumé

    Cette thèse étudie la façon dont le métissage (honhyol en coréen), longtemps rejetée dans la société coréenne qui reposait sur une idée nationale obsédée par la lignée, est progressivement devenu un problème public qui rappelle l’intervention active de l’État connue sous le nom de « politiques multiculturelles ». La thèse s'appuie sur les résultats d'une analyse socio-historique qui porte sur trois différents métissages dans l'histoire coréenne: les enfants de parents japonais et coréen durant la colonisation japonaise (1910-1945); les métis de soldats américains et de femmes coréennes avant et après la guerre de Corée (1945-1980); et les enfants issus de mariages mixtes entre Coréens et immigrants à partir de 1990. D'une part l'analyse révèle que la dialectique de l'inclusion et de l’exclusion est au centre de l’histoire de la « question du métissage ». Alors que la question du métissage a le plus souvent été cachée et avait disparu avec l’accession à l’indépendance de la Corée et l’envoi des enfants métis aux États-Unis au nom de la pureté de la nation, le processus actuel de mise en place de la politique dite « multiculturelle » suscite au contraire de nouvelles évocations du métissage et de singulières expressions de l'identité métisse. D’autre part, elle montre que cette valorisation du métissage d’aujourd’hui est étroitement liée au développement du multiculturalisme à la manière coréenne. Le multiculturalisme est de plus en plus employé pour intégrer des familles ayant au moins un enfant métis qui peut être perçu comme Coréen par filiation paternelle mais aussi comme une solution pour la crise démographique causée par le faible taux de natalité et le vieillissement de sa population. Bien qu’on assiste à une évolution de la société coréenne allant vers plus d’inclusion et d’intégration à l’égard des métis et à une attitude ouverte envers la différence culturelle, l’idée nationaliste « raciale » demeure même dans des projets politiques du multiculturalisme.

  • Titre traduit

    From the obsession of pure blood to the recognition of “mixed-blood” and the valorization of multiculturalism : South Korea and children born to mixed couples


  • Résumé

    This dissertation examines how the perception of "mixed-race" (honhyol in Korean), that was rejected for a longtime in Korean society based on a national idea obsessed with lineage, has gradually become a public problem that called the active intervention of the government known as "multicultural policies". The study draws on research from a socio-historical analysis of three diffrent "mixed-race" generations in Korean history: mixed-race people of Japanese and Korean parents during Japanese colonization (1910-1945); "mixed-race" born between American soldiers and Korean women under U.S. military occupation (1945-1980); and children of mixed marriage between Koreans and foreign brides from 1990s. On the one hand, the analysis reveals that the dialectic of inclusion and exclusion is at the center of the history of the "mixed-race" issue. While Korea's independence and international adoption of the United States had masked the issue of "mixed-race" in Korea in the name of purity of the nation, recent introduction of the so-called "multicultural policies" provokes nuanced perspectives of "mixed-race" identities. On the other hand, it shows that this today's valorization of "mixed-race" is closely linked to the development of a Korean type of multiculturalism, and not solely a dialogue of inclusion versus exclusion. Multiculturalism is increasingly being used to integrate families with at least one "mixed-race" child who may be perceived as Korean by paternal affiliation but also as a solution to the demographic crisis caused by the low birthrate and its aging population. Although Korean society is moving towards more inclusion and integration of "mixed-race" people and an open-minded attitude to cultural differences, that "racial" nationalist idea remains even with current efforts toward political and social multicultural initiatives and changes.

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