Thèse soutenue

De la royauté sacrée à la pluralité religieuse des Moundang, du tchad au Nigéria

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Auteur / Autrice : Maud Gauquelin
Direction : François Dumont
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Religions et systèmes de pensée
Date : Soutenance en 2014
Etablissement(s) : Paris, EPHE
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de l'École pratique des hautes études (Paris)
Jury : Président / Présidente : Jean-Paul Willaime

Résumé

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Dans une perspective ethnologique, il s’agit de comprendre comment les Moundang du sud-ouest du Tchad, dont le dispositif rituel relève de la royauté sacrée, se convertissent aux Religions du Livre musulmanes et chrétiennes. De fait, deux territoires distincts sont mis en comparaison à travers la figure d’un migrant religieux, le Prophète Isaac. Du clan de la cour au sein de la constellation d’Eglises protestantes de la Sudan United Mission créée par le missionnaire allemand Karl Kumm, il chemine entre la commune de Léré au Tchad et Jos, « capitale » évangélique de la Middle Belt au Nigéria pour fonder sa propre Eglise « indigène » chez les siens. Du rejet des rites traditionnels des premiers protestants à l’inculturation catholique francophone puis à la « diabolisation » de la part des pentecôtistes, les différentes stratégies missionnaires européennes et américaines sont étudiées. Ce travail est ainsi construit suivant trois axes : en premier lieu, la pluralité religieuse en territoire tchadien montre la réappropriation des Moundang qui se convertissent tantôt dans l’ouverture aux horizons ecclésiastiques proposés par les missionnaires, tantôt dans le syncrétisme où l’espace et le temps sont réaménagés selon les rituels locaux. Le deuxième axe distingue certaines formes de résistance ou de permanence des cultes et pratiques moundang de la divination à la sorcellerie ainsi que la transformation des rituels royaux tels que les trois cérémonies agraires, et les funérailles. Enfin, dans une troisième partie, l’analyse de la recomposition ethnique du Mayo-Kebbi offre l’occasion de saisir pourquoi et comment la diaspora tchadienne se réfugie vers le Nigéria, le « Géant africain » en se modélisant sous la forme du communautarisme, de réseaux et/ou d’une forme de rhizome suivant les générations. Des premiers migrants de 1930 aux étudiants du XXIe siècle, des villages moundang recréés à Numan à l’Eglise tchadienne à Jos dans l’Etat du Plateau, nous tentons de montrer comment la violence symbolique rejetant les dogmes et pratiques de l’autre religion se transforme en affrontements meurtriers afin de conquérir les différents territoires, ainsi que les ressources économiques et politiques