Le jardin mélanésien et la mondialisation : quand l'agrobiodiversité révèle la dynamique des espaces au Vanuatu

par Sara Muller

Thèse de doctorat en Géographie humaine

Sous la direction de Jean-Luc Piermay et de Francis Kern.

Soutenue en 2010

à Strasbourg .


  • Résumé

    Les systèmes vivriers du Vanuatu (Mélanésie) reposent sur la culture des plantes à racines et tubercules. Ces plantes, parmi lesquelles certaines comme le taro et l'igname ont été importées dans l'archipel par les premiers migrants il y a peut-être 3500 ans, constituent un riche patrimoine biologique et culturel. Héritées des ancêtres, porteuses de culture et de mémoire, elles font l'objet d'une relation intime qui les unit d'une part au biologique et à la nature, d'autre part au social et à la subjectivité humaine. Parce qu'elles sont fortement liées à la société, à l'espace et à la culture, ces plantes constituent un intéressant révélateur des mutations traversées par la société vanuataise. L'évolution des rapports des sociétés à leurs plantes n'est pas indépendante en effet des mutations des structures sociales et spatiales marquées par l'affirmation d'un modèle centre-périphérie, une dépendance accrue du pays vers l'extérieur et un désengagement des sociétés de leur milieu pour s'inscrire dans les cadres plus larges de l'Etat et de la nation. Le décloisonnement des territoires traditionnels se traduit localement par un enrichissement des portefeuilles de variétés cultivées par les groupes. Alors que les variétés traditionnelles les plus nobles tendent à gagner en ville un statut de spécialités locales, les variétés étrangères au patrimoine , parce qu'elles échappent aux pratiques ancestrales codifiées, sont activement exploitées par les horticulteurs qui cherchent à s'implifier leurs systèmes de production sous-pression. En dépit de l'intensité des mutations, les agrosystèmes font preuve toutefois d'une étonnante résilience à laquelle s'ajoute une résilience culturelle. De ce point de vue, tout ce passe comme si les Vanuatais se livraient à une tentative de domestication de la mondialisation: face aux nombreux facteurs de déstabilisation, ils manifestent une singulière faculté à se réapproprier les changements pour conforter leur vision du monde. Parce qu'elles sont investies de sens et qu'elles sont intimement liées au territoire, les plantes à racines et tubercules semblent à même d'assumer une importante fonction d'articulation entre le passé, le présent et l'avenir en s'inscrivant à la fois comme empreinte et comme matrice de l'identité et, à travers elle, de la société et du territoire.

  • Titre traduit

    The melanesian eden and the globalization


  • Pas de résumé disponible.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 1 vol. (428 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 402-419

Où se trouve cette thèse\u00a0?

  • Bibliothèque : Université de strasbourg. Service commun de la documentation. Bibliothèque de Géographie et d'Aménagement.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : 2010-MULLER

Cette version existe également sous forme de microfiche :

  • Bibliothèque : Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne. Bibliothèque de géographie.
  • Consultable sur place dans l'établissement demandeur
  • Cote : MF 3602
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.