La mort ordinaire : traitement et devenir des corps dans les cimetières paroissiaux et communaux (XVIIe - XIXe s.) : pratiques, normes, représentations

by Anne Richier

Thesis project in Sciences sociales

Under the supervision of Jean Boutier.

Ongoing thesis at Paris, EHESS , under the authority of École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales since 13-12-2011 .


  • Pas de résumé disponible.


  • Résumé

    La fouille archéologique récente de cimetières d’époque moderne et contemporaine a permis de dégager des problématiques inédites liées à la mort "ordinaire" entre le XVIIe et le XIXe siècle. Si les historiens se sont largement penchés sur ce thème depuis les années 1970 dans le cadre de la Nouvelle histoire, l’archéologie funéraire a tardé à investir ces temps « plus récents que l’ancien » en dehors des sites de catastrophe (épidémies, guerres). Le présent travail de recherche propose, à partir de données factuelles inédites fournies par la fouille récente de plusieurs cimetières provençaux, de revisiter le thème des vivants face à leurs morts entre l'Ancien Régime et l'ère industrielle, période charnière dans l’histoire de la mort. La recherche est centrée sur le corps, à l’état de cadavre ou de squelette, elle propose un regard inédit sur les rapports que les vivants entretiennent avec leurs morts. Des funérailles à l’oubli, individuel puis collectif, tout un panel de gestes peut être décrypté par l’observation des données de terrain. L’archéologie permet de révéler l’intimité des tombes, peu ou pas documentée par les sources historiques. Ces gestes et pratiques sont bien sûr à mettre en relation avec des cadres normatifs, des croyances, des imaginaires collectifs dont les traces sont écrites ou figurées. Ils sont également directement dépendants des conditions socio-économiques des populations inhumantes et inhumées. Ainsi, ce travail de recherche ne peut être que pluridisciplinaire et la démarche dialectique, à la croisée entre archéologie, histoire et anthropologie sociale.