L’anti-hégélianisme de la philosophie française des années 1960 : constitution et limites d’un renversement philosophique

by Jean-Baptiste Vuillerod

Doctoral thesis in Philosophie

Under the supervision of Emmanuel Renault.

Ongoing thesis at Paris 10 , under the authority of École doctorale Connaissance, langage et modélisation (Nanterre) , in a partnership with Laboratoire de sociologie, philosophie et anthropologie politiques (Nanterre) (laboratoire) since 12-10-2015 .

  • Alternative Title

    Anti-Hegelianism of French Philosophy during the 1960s


  • Abstract

    This thesis is about anti-Hegalianism of French philosophy during the 1960s. Focusing on Louis Althusser, Michel Foucault and Gilles Deleuze, its aim is to understand why a lot of philosophers, at that time, criticized Hegel even though his philosophy had been very successful in France from 1930s to 1950s. The comprehension of this phenomenon aspires also to show its limits, in order to go beyond the false opposition between anti-Hegelianism and Hegelianism and to think about the relevancy of Hegel’s philosophy today. In a first part, the text analyzes Althusser’s work from the master’s thesis on Hegel (1947) to the very anti-Hegelian books For Marx and Reading Capital (1965) ; then it studies Foucault’s thought to understand why he defended Hegel in 1949 and after became an anti-Hegelian philosopher during the 1950s and the 1960s ; finally, it searches why Deleuze evolved until developping a violent anti-Hegelianism in Nietzsche and Philosophy (1962) and in Difference and Repetition (1968). The conclusion tries to seize this collective phenomenon as an intellectual constellation, but also to problematize it.


  • Abstract

    L’objet de cette thèse est l’anti-hégélianisme des années 1960 en France. À travers l’étude des philosophies de Louis Althusser, de Michel Foucault et de Gilles Deleuze, nous cherchons à comprendre les raisons qui ont poussé une partie des philosophes de l’époque à critiquer Hegel de manière virulente, alors même que sa philosophie avait été fortement valorisée en France des années 1930 aux années 1950. Notre analyse de la constitution de l’anti-hégélianisme de la philosophie française des années 1960 révèle en même temps les limites de ce phénomène, dans le but de dépasser l’opposition entre hégélianisme et anti-hégélianisme et de réfléchir à l’actualité, aujourd’hui, de la pensée de Hegel. Une première partie est consacrée à l’évolution de l’œuvre d’Althusser, du mémoire sur Hegel de 1947 jusqu’à Pour Marx et Lire le Capital en 1965 ; une seconde traite de la philosophie de Foucault en cherchant à comprendre pourquoi il est passé d’un mémoire sur Hegel en 1949 à une condamnation radicale de la pensée hégélienne dans les années 1950 et 1960 ; enfin, une troisième partie montre comment Deleuze, qui n’avait rien contre Hegel au départ, a progressivement durci sa pensée jusqu’à produire l’anti-hégélianisme le plus virulent dans Nietzsche et la philosophie (1962) et Différence et répétition (1968). La conclusion cherche à ressaisir ce phénomène collectif en tant qu’il constitue une véritable constellation intellectuelle, mais elle problématise également cet anti-hégélianisme.