Justice et migrants : les migrants devant la justice correctionelle et criminelle (1880-1940)

by Elie-Benjamin Loyer

Thesis project in Histoire

Under the supervision of Philippe Rygiel.

Ongoing thesis at Paris 10 , under the authority of École doctorale Économie, organisations, société (Nanterre) , in a partnership with Idhe, Laboratoire (laboratoire) since 25-09-2014 .


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  • Abstract

    Délinquance et étrangers, l’association est ancienne et nourrit des fantasmes répétés, renouvelés et cristallisés sur un temps long. Au-delà des différences nationales et des évolutions conjoncturelles, l’étranger effraie, par sa morbidité comme par sa criminalité, il est suspecté de troubler l’ordre social, de le menacer de corruption. En rester aux représentations, c’est d’une certaine manière prendre la délinquance comme un simple écart à la règle, édictée dans toute sa rigidité par les codes napoléoniens. La délinquance est pourtant avant tout un processus social, une construction sociale dont Michel Foucault nous a indiqué les principaux ressorts en insistant sur le terme d’"illégalismes". Si le Code est l’arbitre du permis et du condamnable, du licite et de l’illicite, il n’est pas maître des multiples nuances, des mille variations qui naissent des contraintes de la société et de l’économie, aussi bien que de l’indétermination des hommes. Dans le cas des étrangers, ces multiples nuances se révèlent particulièrement intéressantes, parce qu’elles permettent de poser la question de la présence étrangère en France autrement qu’avec les seuls termes de xénophilie et de xénophobie, alternative indépassable et toujours mouvante ; au contraire, ils rendent sensible le jeu étroit entre l’État qui édicte la loi, la demande sociale et l’opinion largement soumises au contexte, les magistrats et les prévenus. Pour saisir au mieux ces évolutions, on combine l’étude quantitative des dossiers correctionnels et des statistiques disponibles pour les départements de la Seine et de la Marne, avec une approche par les dispositions légales et un travail sur les archives policières et de gendarmerie disponibles (essentiellement procès-verbaux et registres de procès-verbaux, appelés à Paris les "mains courantes").