Traduire Roberto Arlt : La question de l'invention d'une langue.

by Apolline Pardillos

Doctoral thesis in Langues et littératures étrangères

Under the supervision of Graciela Villanueva.

  • Alternative Title

    Translating Roberto Arlt: inventing a language?


  • Abstract

    Famous for his iconoclastic novels, Roberto Arlt (1900-1942) is also well known for the essays he regularly published in the Argentinian press. The texts that constitute this thesis's corpus combine fiction, self-fiction and the depiction of everyday life. Moreover, their tone is sceptical, sometimes pessimistic, and often humorous. Altogether, this corpus of Arlt's writings offers a singular reinvention of the Argentinian literary tradition and “language”. Arlt is still described as a writer who does not master proper writing, an argument often related to the fact that he was a self-taught man and the son of European immigrants who did not have Spanish as mother tongue. Even if his work is considered as one of the cornerstones of Argentinian literature, the enduring suspicion over the linguistic and narrative quality of his writings has undoubtedly contributed to the delay of the translation of his work into French. In fact, it was no sooner than forty years after Arlt had passed away, that Antoine Berman and his wife Isabelle undertook this endeavour. Even today, the translation of his work remains unfinished. The analysis we propose is based on a corpus of four of Arlt's original texts and their translation into French: three novels and a collection of essays. Our argument is organised around the notion of “event”. Beyond misjudgements on his work and the dark legend built around him (which was sometimes promoted by the author himself), the first part of this thesis seeks to understand how and with what the “Arlt event” functions. The second part explores whether the French translations included in our corpus succeed in the translation of this “event”. This analysis will try to avoid a direct confrontation between the translation and the linearity of the original texts, but will rather proceed by evaluating its ability to make function the “Arlt event” in another language and culture. We will propose an alternative which preserves the functioning of this event when translating Arlt's work into French. The third part of this thesis presents some of the most important theories of translation and shows the problems that emerge when applied to the texts included in our corpus. To conclude, we propose a theoretical reflection on the translation of the “Arlt event” and on translation more broadly. Thèse préparée au sein d'IMAGER – Institut des Mondes Anglophone, Germani


  • Abstract

    Célèbre pour ses romans iconoclastes, Roberto Arlt (1900-1942) l'est également pour les chroniques qu'il publie régulièrement dans la presse argentine. Souvent cyniques, parfois désabusés mais jamais dépourvus d'humour, les textes de notre corpus – entre fiction, autofiction et tableaux de mœurs – offrent une singulière réinvention de la tradition littéraire et de la « langue des Argentins ». Autodidacte et fils d'immigrés européens non-hispanophones, Arlt est encore souvent présenté comme un écrivain ne sachant pas écrire. Et, quoique son œuvre soit désormais considérée comme l'un des piliers de la littérature nationale, la suspicion qui s'est longtemps imposée à l'égard de sa qualité linguistique et narrative a sans doute contribué à différer sa traduction française. De fait, cette dernière n'a été initiée – par le célèbre traductologue Antoine Berman en collaboration avec son épouse, Isabelle – que près de quarante ans après la mort de l'écrivain et demeure, aujourd'hui encore, inachevée. L'analyse que nous proposons s'appuie sur un corpus constitué de quatre ouvrages – trois romans et un recueil de chroniques – ainsi que de leur traduction française et s'organise autour de la notion d'événement. Au-delà des idées reçues et de la légende maudite (en partie fomentée par l'écrivain lui-même), la première partie de ce travail cherche à comprendre comment et avec quoi fonctionne « l'événement-Arlt ». La seconde partie tente de déterminer si les traductions françaises des œuvres de Arlt appartenant à notre corpus parviennent à traduire cet « événement ». Il ne s'agit point de confronter la traduction à la facticité des textes originaux mais bien d'évaluer sa capacité à faire fonctionner « l'événement-Arlt » dans une autre langue-culture. Il s'agit enfin de proposer, si besoin est, des alternatives visant à préserver, dans la traduction française, le fonctionnement dudit événement. Enfin, la troisième partie de ce travail, après une rapide présentation des principales théories de la traduction, évoque la difficile application de ces dernières au cas concret des textes de notre corpus. Puis elle propose une réflexion théorique autour de la traduction de « l'événement Arlt » en particulier et de la traduction en général.