Une culture chorégraphique au fil des airs : Transferts et adaptations poïétiques entre Venise et Paris au XVIIe siècle

by Bianca Maurmayr

Doctoral thesis in Arts vivants, dominante danse

Under the supervision of Marina Nordera.

defended on 19-11-2018

in Côte d'Azur , under the authority of École doctorale Sociétés, humanités, arts et lettres (Nice ; 2016-....) , in a partnership with Université de Nice (établissement de préparation) , Centre transdisciplinaire d’épistémologie de la littérature et des arts vivants (Nice) (laboratoire) and Centre transdisciplinaire d’épistémologie de la littérature et des arts vivants (laboratoire) .

  • Alternative Title

    A choreographic culture through airs : Transfers and poiesis adaptations between Venice and Paris in the XVIIth century


  • Abstract

    My research questions the cultural transfers between France and Italy in the XVIIth century in the respect of choreographic culture, before French belle dance was imposed as the standard reference on a European scale. Placing myself in the line of studies promoted by J. Sasportes and S. Mamone on the understanding the spectacular culture of the modern era beyond national boundaries, I consider that an analysis of the migratory processes of artists during the XVIIth century could help to redefine the emergency of styles as the result of vigorous cultural dialogues. In this sense, the notion of cultural transfer – drawn from the gekreuzte Geschichte (Werner and Zimmerman) – clarifies the kinetic common references between France and Italy within a context of circulation (of people and expertise) and a multiple process of appropriation, configuration, sometimes also resistance to the integration of choretic elements. Following these remarks, I tightened up the study on the rich exchanges between the Republic of Venice and Paris in the culture of dramaturgy and of theatrical and social dance, in a period between 1637 (birth of the Venetian public theatre) and 1728 (publication of Trattato del Ballo Nobile by Dufort). Following the deliberately qualitative and inductive approach of historical anthropology (C. Ginzburg, P. Burke), I looked at the Venetian public theatre and its ballo teatrale (I. Alm) more specifically as a counter-model to the historiographical tradition of French ballet – often erected as the only experience significant at the time. Also, wanting to get rid of the taxonomic categories of "Renaissance", "Baroque" or "ballet de cour" (B. Sparti), I retraced the denominations generated by internal discourses to the art and transmitted by the actors. In addition to probing the traditions and relations of "ballet" and "ballo", the thesis questions the cultural mediations between France and Italy via linguistic borrowing from the French language to the Italian language (E. Kougioumtzoglou-Roucher), even via the borrowing of kinetic units, and driving content of the belle dance to the Italian technical vocabulary. This comparative analysis is accompanied by a work of physical reappropriation of ancient vocabulary, the articulation between theory and practice being at the very heart of the methodology of dance studies.


  • Abstract

    Ma recherche interroge les transferts culturels produits entre la France et l’Italie au XVIIe siècle en ce qui concerne la culture chorégraphique, avant que la belle dance française ne s’impose comme norme de référence à l’échelle européenne. Me plaçant dans la lignée d’études promue par J. Sasportes et S. Mamone sur l’appréhension de la culture spectaculaire de l’époque moderne au-delà des limites nationales, je considère qu’une analyse des processus migratoires des artistes au cours du XVIIe siècle aide à redéfinir l’émergence des styles comme le résultat d’un dialogue culturel vigoureux. En ce sens, la notion de transfert culturel – tirée de l’histoire croisée (Werner et Zimmerman) – vient éclaircir les références kinésiques communes entre France et Italie à l’intérieur d’un contexte de circulation (des personnes et des savoir-faire) et d’un processus multiple d’appropriation, de configuration, parfois aussi de résistance à l’intégration d’éléments chorétiques d’autrui. Suivant ces propos, j’ai resserré l’étude sur les riches échanges entre la République de Venise et Paris dans la culture dramaturgique et dans la danse théâtrale et sociale, dans une période comprise entre 1637 (naissance du théâtre public vénitien) et 1728 (publication du Trattato del ballo nobile de Dufort). Suivant la démarche qualitative et inductive de l’anthropologie historique (C. Ginzburg, P. Burke), j’ai envisagé le théâtre public vénitien et son ballo teatrale (I. Alm) comme contre-modèles à la tradition historiographique du ballet français – souvent érigée comme la seule expérience significative de l’époque. Me détachant des catégories taxinomiques de « Renaissance », « Baroque » ou « ballet de cour » (B. Sparti), j’ai retracé les dénominations générées par les discours internes à l’art et transmises par ses acteurs. En plus de sonder les traditions et les relations du « ballet » et du « ballo », la thèse interroge les médiations culturelles entre France et Italie via les emprunts linguistiques de la langue française à la langue italienne (E. Kougioumtzoglou- Roucher), voire via les emprunts cinétiques de la belle dance au vocabulaire technique italien. Cette analyse comparative est accompagnée par un travail de réappropriation corporelle du vocabulaire ancien, l’articulation entre théorie et pratique étant au cœur de la méthodologie des études en danse.



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