Poétique du roman-fleuve, de Jean-Christophe à Maumort

by Aude Leblond

Doctoral thesis in Littérature française

Under the supervision of Alain Schaffner.

Thesis committee President: Jeanyves Guérin.

Thesis committee members: Alain Schaffner, Jeanyves Guérin, Claude Coste, Régis Tettamanzi, Nathalie Piégay-Gros.

  • Alternative Title

    Poetics of the roman-fleuve : from Jean-Christophe to Maumort


  • Abstract

    There is something anachronistic about the aesthetic choices of Romain Rolland, Martin du Gard, Jules Romains and Duhamel in their romans-fleuves, as they still focus on length, realism and readability. The roman-fleuve undertakes the creation of a fictional world despite the demise of positivism and the emergence of an increasingly impenetrable world. Indeed, WW1 was a such a traumatic experience that an entire generation felt cut off from its past. Still, the roman-fleuve attempts to rebuild a fragile alternate world on the ruins of the Belle Epoque. But it isn’t simply a reenactment of the naturalist paradigm, in so far as it brings into the picture the metamorphoses of time, self and society that Bergson, Freud and Durkheim brought to the foreground. The very structure of the roman-fleuve is architectural and yet fragmented, reflecting an unstable world which is invaded by doubt. Finally, its rhetoric goes well beyond the realist perspective and shows a very modern conception of the powers of fiction. Although Martin du Gard professed that he wanted to write an « objective novel », the roman-fleuve initiates a dialogue between the author and his readers. It proves surprisingly experimental in the political, fictional and generic aspects of writing. By inviting the reader to recognize the multiple interactions between fiction and reality, it shows the different generic modes at work in the text. The roman-fleuve thus invites the reflexive reader to a literary initiation.


  • Abstract

    Marquée par la longueur, le réalisme et la lisibilité, l’esthétique du roman-fleuve chez Romain Rolland, Martin du Gard, Jules Romains et Duhamel peut paraître anachronique dans le paysage littéraire de l’entre-deux-guerres. Le roman-fleuve maintient en effet l’ambition démiurgique dans un contexte historique qui semble l’interdire. Trace d’une volonté toujours vivace de créer un livre-monde alors même que les certitudes positivistes s’écroulent, la poétique du roman-fleuve est plus intempestive qu’anachronique : c’est son présent qui rend improbables ses choix esthétiques. Au-delà du traumatisme de la Première Guerre, le roman-fleuve tâche d’élaborer un livre-monde, fût-il précaire ; il travaille à se faire tombeau. Il rend compte des bouleversements de la perception du moi, du temps et de la collectivité – ces éléments qui rendent caduc le paradigme naturaliste, auquel la critique a jusqu’ici rattaché le roman-fleuve. La composition de ce reflet fantomatique de la Belle Époque oscille entre construction et fragmentation. Son dispositif pragmatique conduit à dépasser le postulat mimétique, pour révéler une conception très moderne des pouvoirs de la fiction. Contre le rêve d’un « roman objectif » [Martin du Gard], le roman-fleuve fait émerger un dialogue entre auteur et lecteur. Ce sous-genre se révèle en définitive comme le lieu d’une expérimentation politique, fictionnelle et générique. Invitant le lecteur à reconnaître les interactions multiples entre mondes fictifs et monde réel, il lui permet de distinguer les différentes logiques génériques qui entrent en tension dans le texte. Il appelle ainsi une lecture réflexive et orchestre un apprentissage littéraire.


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