L'évaluation des politiques forestières : le cas du Plan Chablis dans le département des Vosges

by Jean Croisel

Doctoral thesis in Sciences forestières

Under the supervision of Gérard Buttoud.

defended on 2007

in Paris, AgroParisTech .

  • Alternative Title

    The evaluation of forest policies : the case of the Windfall Plan in th Vosges


  • Abstract

    A state of the art of the ongoing practices related to the evaluation of forest policies shows that they generally rely on technical considerations mainly, what can be linked to a traditional vision of forest policies, aimed at addressing ecological or economical issues. But since the beginning of the 1990s and the emergence of the new paradigm of sustainable management of forests, social issues now occupy a more and more prominent place in the elaboration of forest policies. Therefore, the evaluation of forest policies must be updated in its approaches in order to take into consideration this evaluation, if it is wanted to keep its relevance as an aid for public decision-making. Starting from this point, this thesis proposes an evaluation tool that does not add technical and social consideration but tries to integrate them within a coherent approach, based on explicit theoretical options. As regards public decision taking, two models are frequently used by scientists: the rational/comprehensive model, inspired from Weber, and the incremental/communicative one, derived from the works of Simon on bounded rationality of individuals. Admitting that evaluation represents a particular form of decision taking, the thesis develop from these models two main conceptions of evaluation whose relevance is analysed through the recent evolutions of forest policy. After examination, it seems promising to use “mixed” frameworks that combine a rationalist-based evaluation with an incremental evaluation. This theoretical orientation led, after an elaboration on the key concepts of participation and expertise, to select for the evaluation of forest policies the methodological framework of the “mixed model”, used for ten years in other countries than France. The crucial stage of the work consisted in testing this framework with the case study of the Windfall Plan in the Vosges, on the basis of a proposal made by the Laboratory of Forest Policy of the ENGREF to the Local Government. The followed procedure was made of the following stages: a documentary analysis, a first draft of the evaluation originating from a reduced group of “experts”, a second draft of the evaluation stemming from an extended group of “actors” and a compilation work of the whole. Different techniques (Delphi method, cards on board, interviews, surveys) have been used during the study. At the beginning and end of the field work, meetings with elected representatives and forestry stakeholders made it possible to communicate the evaluation and its outcomes. Empirical results obtained for the Windfall Plan (for both the policy as a whole and each of its different measures) are commented in detail and allowed to discuss the relevance and validity of the proposed approach. The strong points lie in the pragmatism of the process and the facility for the different partners to appropriate the results. The weak points are related to the difficulties encountered for covering all the aspects of expertise and involving some actors. As a conclusion, an analysis of the general signification of this work suggests that it is necessary to continue researches to improve the tool and apply it to other policies and other geographical contexts, in order to precise more accurately its limits and advantages.


  • Abstract

    Un état des lieux des pratiques actuelles relatives à l’évaluation des politiques forestières montre que celles-ci reposent le plus souvent sur des considérations essentiellement techniques, ce que l’on peut lier à une conception traditionnelle des politiques forestières, visant à répondre à des enjeux écologiques ou économiques. Mais depuis le début des années 1990 et l’émergence du nouveau paradigme de la gestion durable des forêts, les questions sociales occupent une place de plus en plus importante dans l’élaboration des politiques forestières. L’évaluation des politiques forestières doit donc procéder à une mise à jour de ses approches pour tenir compte de cette e��volution, si on veut lui conserver sa pertinence en tant qu’outil d’aide à la décision. Partant de ce constat, cette thèse propose un outil d’évaluation qui ne se contente pas de superposer considérations techniques et considérations sociales mais qui cherche à les intégrer au sein d’une démarche cohérente, fondée sur des options théoriques explicites. Au niveau de la prise de décision publique, deux modèles sont fréquemment employés par les politologues : le modèle rationnel/compréhensif, d’inspiration wébérienne, et le modèle incrémental/communicatif, dérivé des travaux de Simon sur la rationalité limitée des individus. En admettant que l’évaluation représente une forme particulière de prise de décision, la thèse développe à partir de ces modèles deux grandes conceptions de l’évaluation dont la pertinence est analysée à la lumière des évolutions récentes de la politique forestière. Après examen, il semble prometteur d’utiliser des cadres « mixtes » qui combinent une évaluation d’inspiration rationaliste avec une évaluation menée sur une base incrémentale. Cette orientation théorique a conduit, après un approfondissement des concepts clé de participation et d’expertise, à retenir pour l’évaluation des politiques forestières le cadre méthodologique du « modèle mixte », utilisé depuis une dizaine d’années dans d’autres pays que la France. L’étape cruciale du travail consistait à tester ce cadre en prenant comme cas d’étude le Plan Chablis dans le département des Vosges, sur la base d’une proposition faite par le Laboratoire de Politique Forestière de l’ENGREF au Conseil Général. La démarche suivie comportait les étapes suivantes : une analyse documentaire, une première version de l’évaluation émanant d’un groupe réduit d’« experts », une deuxième version de l’évaluation émanant d’un groupe étendu d’« acteurs » et un travail de compilation de l’ensemble. Différentes techniques (méthode Delphi, métaplan, entretiens, questionnaires) ont été mobilisées au cours de l’étude. Au début et à la fin du protocole, des réunions avec des élus et des représentants du secteur ont permis de médiatiser l’étude et ses résultats. Les résultats empiriques obtenus pour le Plan Chablis (tant au niveau de la politique dans son ensemble que pour chacune de ses différentes mesures) sont commentés en détail et ont permis de discuter la pertinence et la validité de l’approche proposée. Les points forts résident dans le pragmatisme de la démarche et dans la facilité avec laquelle les résultats peuvent être appropriés par les différents publics concernés. Les points faibles sont liés aux difficultés éprouvées pour couvrir tous les champs de l’expertise et pour faire participer certaines catégories d’acteurs. En conclusion, un retour sur la signification générale de cette thèse suggère de poursuivre les recherches afin de perfectionner l’outil et de l’appliquer à d’autres politiques et à d’autres contextes géographiques, afin d’en préciser plus clairement les avantages et les limites.

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Informations

  • Details : 1 vol. (253 p.)

Where is this thesis?

  • Library : AgroParisTech Engref. Centre de documentation.
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