Thèse soutenue

L'héraldique en France sous le premier empire

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Auteur / Autrice : Philippe Lamarque
Direction : Michel Pastoureau
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire contemporaine
Date : Soutenance en 2001
Etablissement(s) : Paris, EPHE

Résumé

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Le 19 janvier 1790, la convention abolit par décret les titres, les livrées et les armoiries. Le 12 mars 1808,l'empereur crée par décret le Conseil du sceau des titres. Jusqu'en 1815, plus de 3500 titres reçoivent des règlements d'armoiries, plus 900 autres titres par décret en attente de confirmation par lettres patentes. Jean Tulard écrivit en 1974, pour la réédition du Révérend de 1897: La noblesse du premier empire attend encore son' historien qui n'aura qu'à reprendre les éléments contenus dans l'armorial de Révérend - en dépit de quelques inexactitudes vénielles - pour préciser l'effectif; l'origine sociale et la profession des nouveaux nobles. Cette analyse peut être étayée par les règlements d'armoiries, en leur qualité juridique d'accessoire du nom. Retenons cinq résultats, reflets de Cambacérès: catholique, franc- maçon, partisan l'imperium et de sa dimension surnaturelle. Le Conseil du sceau des titres fonctionne comme une loge. La quasi-totalité des impétrants sont initiés. Presque tous les écus sont composés comme des planches d'architecture. L'influence maçonnique prussienne sur l'héraldique est ancienne, mais effective seulement en 1808. Elle est moins ancienne que l'arrivée de religionnaires du Languedoc après l'édit de tolérance de Potsdam, parmi lesquels des cousins de Cambacérès. L'œuvre de juriste et de diplomate de Cambacérès est universellement connue. Cette thèse fait apparaître que le corpus héraldique napoléonien lui est entièrement dû. Il faut renoncer à l'idée reçue d'un style néogothique initié la duchesse de Berry, lectrice de Walter Scott, qui précède Mérimée et Viollet-le-Duc. Il semble préférable d'attribuer à Cambacérès la naissance du style néogothique, grâce à son armorial. Les anciennes armoiries sont modifiées au goût du jour, mais la nouvelle élite plébéienne est minoritaire parmi les titrés. Après 1814, la Commission du Sceau délivre de nombreuses lettres patentes en s'inspirant du style héraldique de 1808.