Élaboration d'une liste de définitions explicites des prescriptions potentiellement inappropriées des traitements du diabète (hors insuline) chez le patient vivant avec un diabète de type 2
| Auteur / Autrice : | Erwin Gérard |
| Direction : | Jean-Baptiste Beuscart, Paul Quindroit |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Recherche clinique, innovation technologique, santé publique |
| Date : | Soutenance le 08/04/2025 |
| Etablissement(s) : | Université de Lille (2022-....) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École graduée Biologie-Santé (Lille ; 2000-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Evaluation des technologies de santé et des pratiques médicales (Lille) - Evaluation des technologies de santé et des pratiques médicales - ULR 2694 |
| Financeur : Centre hospitalier régional et universitaire (Lille) | |
| Jury : | Président / Présidente : Marie-Laure Laroche |
| Examinateurs / Examinatrices : Béatrice Folco | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Sonia Prot-Labarthe, Patrice Darmon | |
| DOI : | 10.70675/a6ee6ed4z2d6az4cf4z8059z155a679b63d1 |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Au cours des dix dernières années, les recommandations pour la prise en charge du patient vivant avec un diabète de type 2 (DT2) ont évolué vers une approche globale et individualisée, prenant en compte les besoins spécifiques de chaque patient. Toutefois, la diversité des options thérapeutiques, la gestion des comorbidités et l'évolution constante des recommandations posent un défi, notamment, pour les médecins généralistes qui assurent le suivi de 90% des patients vivant avec un DT2 en France. Ce contexte contribue au risque accru de prescriptions potentiellement inappropriées (PPI), définies comme l'utilisation de médicaments avec une balance bénéfices/risques défavorable en présence d'alternatives plus sûres. L’une des méthodes possibles pour réduire les PPI est l’approche explicite, fondée sur des critères standardisés. L’objectif de cette thèse est de développer et valider une liste de définitions explicites des prescriptions potentiellement inappropriées des traitements antidiabétiques pour les patients vivant avec un diabète de type 2 par une approche en 3 étapes : une revue systématique, une étude qualitative et une enquête Delphi.Dans un premier temps, une revue systématique de la littérature a été menée pour identifier 56 définitions explicites. Ces définitions ont mis en évidence des situations de PPI, notamment l’utilisation de metformine chez les patients présentant une insuffisance rénale ou de sulfamide hypoglycémiant chez les personnes âgées. Cette revue a mis en avant une absence de consensus, mais également une grande hétérogénéité des critères utilisés, ainsi qu’un manque de prise en compte des thérapies les plus récentes. Dans une deuxième étape, une étude qualitative a été menée à l'aide de la technique des groupes nominaux, impliquant 30 professionnels de santé (14 pharmaciens, 10 diabétologues et 6 médecins généralistes). Cette méthodologie structurée a permis de recueillir des propositions de définitions explicites des PPI. Les participants ont proposé 89 définitions, qui ont ensuite été fusionnées et validées par un comité de pilotage, aboutissant à une liste de 38 définitions finales. Enfin, une enquête Delphi, impliquant 46 participants de France, de Belgique et de Suisse, a été conduite pour valider une liste consensuelle de définitions explicites. Après deux tours et deux réunions de consensus, une liste finale de 41 définitions explicites a été validée. Ces définitions ont été regroupées en quatre catégories : (i) arrêt temporaire des médicaments dans un contexte clinique aigu ; (ii) ajustement des doses ; (iii) initiation inappropriée de traitement ; et (iv) renforcement nécessaire du suivi médical.Cette thèse propose une méthodologie rigoureuse et reproductible pour identifier et valider des définitions explicites des PPI chez le patient vivant avec un DT2. Cette liste de définitions constitue un nouvel outil de détection des PPI, notamment pour les non-spécialistes du diabète, et peut être intégrée dans des systèmes d’aide à la décision clinique pour une détection rapide et automatisée des PPI. La pertinence des définitions et leur impact devront toutefois être évalués en pratique réelle, en soins premiers ou hospitaliers. À terme, ce travail pourrait réduire les PPI et rationaliser les pratiques de prescription. Il ouvre également la voie à des recherches futures allant de l’implémentation dans les systèmes d’aide à la décision à l’exploitation des critères pour des analyses épidémiologiques et des stratégies de prévention, ainsi qu’à une harmonisation internationale de la prise en charge des patients DT2.