Délοger et relοger en quartier d'habitat indigne : une analyse cοmparative entre une situatiοn métrοpοlitaine (Μarseille) et une situatiοn ultramarine (Μayοtte)
| Auteur / Autrice : | Mégane Aussedat |
| Direction : | Élise Palomares, Valérie Sala Pala |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sociologie, demographie |
| Date : | Soutenance le 08/04/2025 |
| Etablissement(s) : | Normandie |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Homme, sociétés, risques, territoire (Rouen) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire des dynamiques sociales (Rouen ; 2017-....) |
| Établissement co-accrédité : Université de Rouen Normandie (1966-....) | |
| Jury : | Président / Présidente : Elise Roche |
| Examinateurs / Examinatrices : Élise Palomares, Valérie Sala Pala, Elise Roche, Pierre-Yves Baudot, Stéphanie Guyon, Camille François | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Pierre-Yves Baudot, Stéphanie Guyon | |
| DOI : | 10.70675/82a354f0z62fbz4d1dzb3e5zb64b647f31bb |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Fondée sur une démarche inductive, compréhensive et critique, la thèse porte sur les stratégies institutionnelles de délogement et de relogement dans le cadre d’opérations de rénovation urbaine en quartier d’habitat privé « indigne ». Au travers d’une comparaison entre deux territoires situés en contextes métropolitain (Marseille) et ultramarin (Mayotte), elle interroge les variations observées à l’aune des recompositions de l’État colonial à Mayotte. L’enquête part du constat de la tension opérationnelle que crée l’enjeu du relogement dans la rénovation urbaine en quartier d’habitat « indigne ». Dans des contextes où des contraintes fortes pèsent sur l’accès au logement social des habitant de ces quartiers, le relogement est construit en problème pour les acteurs chargés de la conduite des opérations. La thèse interroge la construction des stratégies juridiques et temporelles déployées par les acteurs publics pour y répondre, en examinant comment leurs intérêts et motifs d’action orientent leurs décisions. Elle analyse les effets sociaux et les mécanismes de tri qui résultent de la rencontre entre la mise en œuvre de ces stratégies et les résistances opposées par les habitants des quartiers ciblés.La thèse montre que la vulnérabilité résidentielle des habitants est accentuée par les stratégies juridiques et temporelles du délogement et questionne la dimension morale de l’action publique. Elle soutient que les rapports sociaux qui structurent les configurations locales, et notamment les rapports sociaux de race, sont déterminants dans la façon dont les acteurs publics jaugent les conséquences de leur action ou de leur inaction comme étant tolérables ou intolérables pour les habitants ciblés par l’intervention urbaine. Cette thèse montre enfin comment l’héritage colonial façonne les stratégies juridiques et temporelles du délogement/relogement analysées à Mayotte. Au travers de la comparaison, elle met en évidence une forme de gouvernement postcolonial dans ce territoire qui s’observe à la fois dans le rapport à la légalité et les usages concrets du droit par les acteurs publics et dans les registres de légitimation de la violence de l’action publique, registres dans lesquels les rapports sociaux de race opèrent de façon spécifique.