Essais d'histoire économique et financière
| Auteur / Autrice : | Jean-Laurent Cadorel |
| Direction : | Pierre-Cyrille Hautcoeur, Angelo Riva |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences économiques |
| Date : | Soutenance le 21/03/2025 |
| Etablissement(s) : | Paris, EHESS |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales |
| Jury : | Président / Présidente : Valérie Mignon |
| Examinateurs / Examinatrices : Valérie Mignon, Benoît Mojon, Alan M. Taylor | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Valérie Mignon, Benoît Mojon | |
| DOI : | 10.70675/896ca4abz8702z4f0fz9d4ez3b655ed6dcc1 |
Mots clés
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Mots clés libres
Résumé
Cette thèse analyse les causes et les effets des crises des marchés financiers. Je cherche à répondre aux questions suivantes : quelles sont les causes des paniques sur les marchés financiers et quelles sont les conséquences des crises sur l'économie réelle ? Mon analyse se déroule dans deux contextes historiques distincts : la première partie de la thèse s’inscrit dans le contexte de l’entre-deux-guerres aux États-Unis et en Europe ; la deuxième partie porte sur la France de 1870 à 2010.Dans les deux premiers chapitres, je démontre que le krach de 1929 de la Bourse de New York n’était pas un événement aléatoire, l'éclatement inévitable d’une bulle hypothétique, mais un événement qui peut être lié à des forces fondamentales. Le premier chapitre prouve que le krach de 1929 était une crise de liquidité, et le deuxième chapitre tente d’expliquer la cause sous-jacente de la baisse de liquidité.Le chapitre 1 (publié dans l’Economic History Review) construit une base de données représentative des prix intrajournaliers pour les 80 plus grandes actions cotées à New-York. En 1929, ces 80 actions, sur un total d’environ 700 actions, représentaient 48\% du volume total, quatre fois le volume quotidien moyen des autres actions sur le marché. Ces actions étaient liquides comme l'atteste le fait qu'elles aient des bid-ask spreads 5 fois plus faibles que le reste du marché. Ces données révèlent que lors des jours de crise (24, 28 et 29 octobre 1929), les prix baissent fortement juste après les heures d'appel de marge, à 11h20 et 14h20. Ces faits quantitatifs corroborent les témoignages de banquiers devant le Congrès et dans leurs correspondances privées.\\ \indent \hspace{1.5mm}J’apporte des preuves que le krach est une crise de liquidité dûe à la liquidation des prêts sur marge des courtiers en appliquant des méthodes modernes d'estimation des spreads effectifs et des conditions de liquidité de la littérature financière contemporaine.Le chapitre 2 tente d’expliquer la cause racine de la diminution de la liquidité, en reliant cette baisse à la politique monétaire via un nouveau canal international : l’étalon-or. Les échanges privés entre George Harrison (Réserve Fédérale de New York) et Montagu Norman (Banque d’Angleterre) révèlent que les banques centrales ont visé la Bourse de New York avec des chocs de politique monétaire, ce qui a déclenché une réallocation des capitaux vers l’Europe et des instabilités de taux de change.Le chapitre 3 quitte l’entre-deux-guerres pour examiner les effets réels des crises obligataires en France sur le long terme (depuis 1870). Je reconstruis la courbe des taux d'intérêt de la France depuis 1870, un travail inédit, et propose une base de données sur les obligations d’entreprises. Les résultats montrent une grande volatilité des taux courts, un plancher historique des taux longs, mais une incapacité de la courbe des taux française à prévoir les conditions économiques.En conclusion, cette thèse contribue à l’histoire économique et financière en éclairant les causes du krach de 1929 et en fournissant les outils pour une étude de long terme des crises obligataires en France. Ces résultats montrent que les crises financières peuvent être étudiées sérieusement grâce à des méthodes modernes et appliquées avec succès à des contextes historiques.