Traitement Automatique des Langues pour l'analyse de messages d'observation astrophysique
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Cette thèse aborde l’un des défis majeurs dans l’analyse de textes non structurés en astrophysique : l’extraction et la synthèse d’information sur des objets célestes à partir de rapports d’observation astronomique. L'extraction d'information (EI) est un sous-domaine clé du traitement automatique des langues (TAL), qui vise à transformer des textes non structurés en une représentation formelle et exploitable, permettant ainsi de structurer les connaissances contenues dans les documents. Les tâches classiques de l’EI incluent la reconnaissance d’entités nommées (REN), l'extraction de relations, ainsi que la résolution de coréférences. Toutefois, les modèles d'apprentissage statistique nécessaires pour ces tâches requièrent de vastes ensembles de données annotées manuellement, une condition qui devient difficile à satisfaire dans des domaines spécialisés tels que l'astrophysique. En effet, le manque de données annotées est un obstacle majeur dans ce domaine. Cette constatation, a motivé notre première question de recherche : quels concepts astrophysiques doivent être définis pour identifier les entités nommées pertinentes et quelles relations sémantiques doivent être mises en lumière entre ces entités ? Afin de répondre à cette question, nous avons travaillé en collaboration avec des astrophysiciens pour établir un guide d'annotation adapté, qui couvre non seulement les entités célestes, mais aussi les mentions de coréférence et les relations sémantiques entre ces entités. L'une des contributions majeures de cette thèse est la création d’astroECR, un corpus astrophysique composé de rapports d'observation, annoté de manière détaillée en entités nommées, coréférences et relations sémantiques. Bien que crucial, l’annotation manuelle s’avère particulièrement coûteux et fastidieux en termes de temps et de ressources humaines. Cette situation nous a conduit à poser notre deuxième question de recherche : Comment peut-on enrichir les données annotées manuellement afin d’entraîner efficacement des systèmes d’EI ? Pour ce faire, nous avons donc exploré l'efficacité des méthodes d'augmentation de données, un ensemble de techniques visant à générer des données artificielles pour améliorer les performances des modèles dans des contextes de données limitées. Nous avons formulé deux autres questions de recherche : Les techniques d'augmentation de données peuvent-elles compléter les annotations humaines et ainsi combler le manque de ressources spécialisées en astrophysique ? Quelles méthodes d’augmentation sont les plus adaptées pour des tâches comme la REN ou la résolution de coréférences ? Pour répondre à ces questions, nous avons proposé une série de méthodes d'augmentation de données à la fois simples et flexibles, adaptées aux tâches spécifiques de l'EI. Nous avons étudié deux grandes catégories de techniques d'augmentation : la première introduit de nouvelles mentions d'entraînement dans les données, tandis que la seconde modifie le contexte autour des mentions déjà existantes. Nous avons ensuite évalué ces méthodes en les appliquant à divers modèles de langue pré-entraînés et en les testant sur des rapports astronomiques annotés. Nos résultats montrent que de simples méthodes d'augmentation améliorent les performances en contexte de ressources limitées, offrant des perspectives pour l’EI et d’autres domaines à faible ressource.