Thèse soutenue

Relation et rétroaction entre les changements du LULC et la variabilité hydroclimatique en Amazonie

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Auteur / Autrice : Omar Gutierrez Cori
Direction : Laurent LiHervé Le Treut
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Hydrologie
Date : Soutenance le 06/05/2024
Etablissement(s) : Sorbonne université
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de l'environnement d'Île-de-France (Paris ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire de météorologie dynamique (Palaiseau ; 1968-....)
Jury : Président / Présidente : Francis Codron
Rapporteurs / Rapporteuses : Sabine Simeoni-Sauvage, Sebastiaan Luyssaert, Yves Tramblay
DOI : 10.70675/c0b27205zdad9z4c2azaf24z18aabd10eb56

Résumé

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La forêt amazonienne joue un rôle essentiel en tant que régulateur du système climatique et principal puits de carbone terrestre. Il contrôle les processus hydroclimatiques et atténue les effets des sécheresses grâce au couplage végétation-atmosphère. En fait, les forêts amazoniennes peuvent potentiellement affecter les régimes de précipitations grâce à des processus biophysiques tels que le recyclage de l'eau. Cependant, ces capacités ont été réduites au cours des dernières décennies en raison des perturbations du système climat-végétation ainsi que de l'intensification des sécheresses. Cela a accentué un processus de transition biophysique d'un écosystème à prédominance forestière vers une savane. Par conséquent, compte tenu de ces complexités, il est extrêmement important de comprendre la direction des changements.À l'aide de plusieurs ensembles de données et du modèle couplé ORCHIDEE-LMDZ, cette thèse approfondit l'étude des interactions entre l'hydroclimatologie et la végétation amazonienne. En outre, il cherche à élargir notre compréhension des modifications du système végétation-atmosphère et de ses liens avec le climat et des changements du LULC. De même, en tenant compte des taux croissants de déforestation, il étudie les effets et les rétroactions résultant d'un scénario de perte forestière à grande échelle sur les processus hydrologiques.Les résultats montrent que, dans le sud-ouest de l'Amazonie, les forêts passant d'un état influencé par la disponibilité énergétique à un état dépendant de la disponibilité en eau tout au long de l'année. Pendant la saison des pluies, la croissance de la végétation est principalement influencée par la disponibilité en énergie plutôt que par la disponibilité en eau. Cependant, en dehors de cette période, les forêts réagissent positivement aux précipitations et au stockage terrestre de l'eau, ce qui suggère que la végétation dépend principalement de l'approvisionnement hydrique. Toutefois, une analyse spatiale révèle que la déforestation récente modifie ces transitions et déstabilise l'équilibre naturel du système climat-végétation.La nature de ces déséquilibres en Amazonie n'est pas complètement claire. En examinant les liens entre les flux d'eau/énergie et les conditions de végétation, nous explorons si ces changements sont inhérents au climat ou résultent de processus anthropiques. 67% du sud-ouest a connu une transition vers un état majoritairement sec en raison du climat (forçage externe), tandis que 21% a connu une transition vers un état dominé par la déforestation (forçage interne). Cependant, les moteurs externes et internes entraînent simultanément des changements. En quantifiant les forçages, nous montrons que les synergies ont amené 74% du sud-ouest de l'Amazonie à un état de stress hydrique élevé. Or, ces dernières années, 30% des changements sont strictement dominés par des forçages internes. Cela suggère que les processus internes jouent un rôle croissant dans la transition vers des états caractérisés par un stress hydrique forestier élevé, particulièrement là où la déforestation et la pression anthropique augmentent.À l'aide du modèle couplé ORCHIDEE-LMDZ, les effets de la déforestation projetée de l'Amazonie d'ici 2050 sur le cycle de l'eau et la sécheresse sont examinés. La déforestation diminue les précipitations, réduit l'évapotranspiration et augmente le ruissellement. De plus, elle accentue le stress hydrique, notamment dans le sud-ouest de l'Amazonie (retour positif). La demande en eau dans l'atmosphère, à la surface et même dans la zone racinaire du sol s'intensifie pendant la saison sèche. Pendant la saison des pluies, le déficit d'humidité atmosphérique devient encore plus aigu vers les Andes tropicales, sur la région de l'Altiplano. Ces résultats permettent de mieux comprendre les effets possibles du déboisement massif sur la disponibilité en eau et la résilience de l'Amazonie dans un contexte où les changements se produisent à un rythme accéléré.