Thèse soutenue

Comparaison de deux créoles indianocéaniques avec le sango : le cas des particules préverbales

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Auteur / Autrice : Véronique Hummel
Direction : Mylène Eyquem-LebonJean-Philippe Watbled
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences du langage : linguistique et phonétique générales
Date : Soutenance le 24/10/2024
Etablissement(s) : La Réunion
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences humaines et sociales (Saint-Denis, La Réunion ; 2010-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire de recherche Langues, textes et communications dans les espaces créolophones et francophones (Saint-Denis, Réunion) - Langues, textes et communication dans les espaces Créolophones et Francophones
Jury : Président / Présidente : Gudrun Ledegen
Examinateurs / Examinatrices : Gudrun Ledegen, Sibylle Kriegel
Rapporteurs / Rapporteuses : Gudrun Ledegen, Sibylle Kriegel
DOI : 10.70675/3d24b9e7z9009z4646zb3bbz936c10130038

Résumé

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Cette thèse propose pour la première fois une étude comparative de deux créoles indianocéaniques avec une langue centrafricaine, à partir des marqueurs préverbaux. Elle s’appuie sur une constatation empirique : il existe un marqueur préverbal a en sango (langue nationale de République centrafricaine) dont la fonction syntaxique peut être comparée à celle du i en créole réunionnais et du créole seychellois. Ce parallélisme forme le point de départ d’une interrogation qui s’est exprimée ainsi : peut-on définir une règle expliquant la restructuration du pronom personnel de la 3e personne en différents morphèmes, quelles que soient les langues d’origine ?Pour répondre à cette question, j’ai comparé les pronoms personnels d’une trentaine de langues de contact présentées dans The Atlas of Pidgin & Creole Language Structures, et j’ai cherché à comprendre les logiques de restructuration qui ont abouti à la formation d’autres morphèmes, notamment des copules et des marqueurs préverbaux. Je constate des logiques parallèles entre quelques langues oubanguiennes et deux créoles indianocéaniques à base française, notamment dans la « fabrication » d’un marqueur préverbal, lui-même issu de la restructuration d’un pronom personnel de la langue-cible. En revanche, la proximité phonologique du préfixe pluralisateur a- avec le marqueur préverbal a du sango ne se retrouve pas dans les créoles indianocéaniques, qui ont chacun un pluralisateur très différent du marqueur préverbal i.à l’instar du a du sango, le marqueur préverbal i est réservé à la 3e personne en seychellois, alors qu’il s’est étendu à toutes les personnes du réunionnais. Ces spécificités ne s’expliquent pas par un présumé « substrat » africain des créoles, car l’étude de divers morphèmes des langues africaines (et du malgache) contributrices des créoles ne montre pas de traces syntaxiques de ces langues. Seule la présence d’un pronom a dans les créoles du golfe de Guinée, issu de l’edo, constitue une exception qui s’explique par l’histoire du peuplement de cette région. Cette particularité n’a pas été reproduite dans les créoles indianocéaniques.Cette thèse montre le caractère « normal » (au sens des règles d’évolution des langues) des créoles réunionnais et seychellois, tout en insistant sur leurs singularités. Réunionnais et seychellois sont les seuls créoles à base française à posséder un marqueur prédicatif, en l’occurrence de forme i, et celui-ci n’obéit pas aux mêmes règles en réunionnais et en seychellois. Cette thèse montre que ces singularités s’expliquent plus par des logiques internes que par des contacts de langues. Elle appelle d’autres comparaisons avec d’autres langues, pour tenter notamment de préciser les descriptions morphosyntaxiques des différents i seychellois.