Les relations entre sciences, technologies et territoires au cœur de la souveraineté nationale : une approche structurale sur longue période
| Auteur / Autrice : | Gabriel Vernhes |
| Direction : | Didier Lebert, Richard Le Goff |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences économiques |
| Date : | Soutenance le 23/05/2024 |
| Etablissement(s) : | Institut polytechnique de Paris |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale de l'Institut polytechnique de Paris |
| Partenaire(s) de recherche : | Établissement opérateur d'inscription : École nationale supérieure de techniques avancées (Palaiseau ; 1970 -....) |
| Laboratoire : École nationale supérieure de techniques avancées (Palaiseau). Unité d'Économie Appliquée | |
| Jury : | Président / Présidente : Alessandro Riboni |
| Examinateurs / Examinatrices : Anne Plunket | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Béatrice Dumont, Jean Belin | |
| DOI : | 10.70675/563e3182zeb9cz481eza3a8zc9dd981b10f1 |
Résumé
Cette thèse explore la dimension territoriale des échanges de connaissances scientifiques et technologiques essentiels au processus d'innovation sur des domaines technologiques intéressant la défense, tels que l'armement, l'équipement aérospatial et l'impression 3D. Elle explore l'intégration des avancées scientifiques dans le développement technologique et analyse l'autonomie stratégique des territoires en tant que capacité à produire, utiliser et diffuser des connaissances de manière indépendante. Cette autonomie dans les secteurs stratégiques de l'innovation de défense est au coeur des enjeux contemporains de souveraineté nationale. Adoptant une perspective institutionnaliste, cette recherche positionne le processus d'innovation au sein d'un système d'innovation national, envisageant le territoire comme une entité sociale, politique et culturelle qui facilite l'échange de connaissances. Notre démarche empirique repose sur l'utilisation de données de brevets d'invention et d'articles scientifiques à grande échelle pour créer des réseaux de connaissances mondiaux, fondés sur les citations et la proximité sémantique. Nous adoptons pour cela une approche structurale qui mobilise la théorie des graphes d'influence, combinée à des méthodes économétriques robustes pour interpréter nos mesures.Nous observons l'existence de deux réseaux de connaissances à l'échelle mondiale. Le premier, composé de connaissances explicites, facilement diffusables et assimilables par les différents territoires. L'analyse de ces réseaux permet de comparer la maîtrise des connaissances stratégiques entre territoires, identifiant des situations de domination ou de dépendance vis-à-vis des productions extérieures. Le second réseau, plus ancré localement, inclut des connaissances tacites, incarnées dans les individus et leurs réseaux d'interactions sociales et donc géographiquement bornées. Ce réseau permet d'expliquer la persistance des expertises nationales à long terme, malgré l'internationalisation des échanges de connaissances facilitée par la mondialisation et le développement des technologies de l'information et de la communication.Nous démontrons que la coexistence de ces réseaux est cruciale dans le processus de maturation des connaissances. Bien que l'activité scientifique soit plus codifiée et globalisée que l'activité technologique, elle présente un fort ancrage territorial, stimulant l'innovation locale par des échanges de connaissances tacites. Ces résultats soutiennent le financement de certains domaines scientifiques comme vecteur pour renforcer la souveraineté nationale sur les innovations stratégiques.