La multimodalité comme ressource en interprétation de dialogue : une étude de simulations d'interactions médiées par interprète en (cours de) formation
| Auteur / Autrice : | Marieke De Koning |
| Direction : | Erica De Vries, Cristiana Cervini, Monica Masperi, Natacha Niemants |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences de l'éducation |
| Date : | Soutenance le 10/07/2024 |
| Etablissement(s) : | Université Grenoble Alpes en cotutelle avec Università degli studi (Bologne, Italie) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale sciences de l'homme, du politique et du territoire (Grenoble ; 2001-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire de recherche sur les apprentissages en contexte (Grenoble, Isère, France ; 1987-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Philippe Dessus |
| Examinateurs / Examinatrices : Véronique Traverso, Amalia Amato, Raffaela Merlini | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Caterina Falbo, Laurent Filliettaz | |
| DOI : | 10.70675/cf87ea52zc38bz4dbbzabc7z06f22d131740 |
Résumé
Cette recherche doctorale questionne les compétences interactionnelles multimodales dans la formation des interprètes. Des recherches antérieures ont mis en exergue la contribution des ressources sémiotiques non verbales telles que le regard, les gestes et le positionnement du corps dans les interactions médiées par interprète (Wadensjö 1998, 2001). La co-construction de la coordination (Baraldi & Gavioli, 2012) et la position centrale de l'interprète dans ces rencontres triadiques plurilingues requièrent, outre des compétences de traduction, des compétences interactionnelles spécifiques qui incluent l'utilisation de la multimodalité comme ressource. Cependant, cette ressource est rarement prise en compte dans la formation des interprètes (Krystallidou, 2014). Par conséquent, nous nous demandons si, et de quelle manière, les étudiants en interprétation acquièrent ces compétences. Ainsi, nous avons mené une étude qualitative auprès d'un groupe de dix étudiants-interprètes de l'Université de Bologne. Leurs performances lors des sessions de jeux de rôle dans un contexte d'apprentissage ont été filmées et analysées afin de répondre aux questions suivantes : quelles sont les ressources sémiotiques non verbales mises en oeuvre par les étudiants lorsqu'ils simulent des interactions médiées par interprète dans un contexte d'apprentissage ? À quoi servent-elles ? Comment varient-elles ? Suite au codage, avec le logiciel ELAN1, des données vidéo, une analyse descriptive a été réalisée sur l'utilisation des ressources multimodales par les étudiants lors des jeux de rôle. Ceci a permis, dans un deuxième temps, de sélectionner une collection d'extraits qui ont été analysés en suivant la méthode d'analyse conversationnelle multimodale (Mondada, 2018, 2019). Cette analyse, d’une granularité très fine, a permis de mettre en lumière une série de situations caractéristiques de la façon dont la multimodalité reflète le caractère situé des interactions et comment elle contribue à la qualité de ces dernières. De plus, les étudiants ont participé à des entretiens semi-dirigés d'autoconfrontation qui nous ont permis d’accéder à leurs critères d’auto-évaluation. Globalement, les résultats montrent un recours plutôt faible à la multimodalité comme ressource. Cependant, l'analyse met en évidence de nombreuses différences individuelles. Elle permet en outre d'identifier les questions qui devraient être prises en compte afin d'optimiser les activités de jeu de rôle dans la formation des interprètes et l'inclusion de la multimodalité en tant que ressource.