Thèse soutenue

BUEN VIVIR ET VIVRE-ENSEMBLE : possitopies d'habitats alter-hégémoniques dans l'Anthropocène : Regards croisés entre des communautés guarani au Brésil et des habitats participatifs en France

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Auteur / Autrice : Anaïs Guéguen Perrin
Direction : Thierry JoffroyJoão Marcos Lopes
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Architecture
Date : Soutenance le 25/06/2024
Etablissement(s) : Université Grenoble Alpes en cotutelle avec Universidade de São Paulo (Brésil)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale sciences de l'homme, du politique et du territoire (Grenoble ; 2001-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Architecture, environnement et cultures constructives (Grenoble, Isère, France ; 2010-....)
Jury : Président / Présidente : Heiner Lippe
Examinateurs / Examinatrices : Ailton Krenak, Kirsten Koop
Rapporteurs / Rapporteuses : Valeria Mendonça de Macedo, Chris Younès
DOI : 10.70675/26f35dfbzc3baz441azaad3z0f39a0569c02

Résumé

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Cette recherche prend source dans le contexte de l'Anthropocène, aujourd'hui fortement marqué par l'héritage d'un système colonial d'exploitation des territoires, et du constat de l'impact des modes de vie modernes sur le système Terre, mettant en risque son habitabilité pour l'ensemble des populations, humaines et autres qu'humaines. Le problème est abordé par l'habitat au sens large, qui, au-delà de l'habitation, inclut partie de l'espace territorial et des espèces qui le composent, permettant à une population spécifique de subvenir à ses besoins matériels et immatériels. Dans ce travail, nous explorons les possibilités de transformer nos modes de vie et d’habiter pour mettre en œuvre les nécessaires transitions sociales et écologiques et pour s'adapter aux changements climatiques, notamment en limitant les impacts de certains modes de vie sur le système Terre.Cette recherche se focalise sur les habitats alter-hégémoniques, qui se positionnent comme d'autres possibles face aux modes d'habiter induits par un système moderne capitaliste tendant à invisibiliser les aspects endogènes de cultures et cultures constructives locales. Pour cela, nous avons donc étudié deux types d'habitats alter-hégémoniques qui présentent des contextes socio-économiques et historiques différents, appartenant aux deux extrémités du système colonial, et induisant des questionnements quant aux revendications actuelles de décolonisation (culturelle, politique, économiques, épistémologiques) : l'habitat des indigènes Guarani au Brésil et les habitats participatifs en France.Plus spécifiquement, cette recherche vise à explorer comment la matérialisation du Buen Vivir et des propositions alternatives dans la production de l'habitat indiquent des pratiques inspiratrices pour s'adapter à l'évolution actuelle et future des écosystèmes qui puissent minimiser l'impact des modes de vie au niveau local et global et contribuer ainsi à l'habitabilité du système Terre.Nous nous appuyons sur la compréhension du Buen Vivir, philosophie de peuples indigènes des Andes, puis sur celle du Nhanderekó, le Buen Vivir des Guarani du Brésil. Dans les habitats guarani, les matérialisation socio-spatiales du Nhanderekó sont identifiées, que ce soit dans l'architecture, l'occupation des territoires ou les systèmes de gouvernance déclinés à différentes échelles. Dans les habitats participatifs en France, nous nous basons sur l'identification de leurs valeurs et modes de gouvernance, pour comprendre comment leurs organisations spatiales contribuent à ces dynamiques qui cherchent également à tisser du lien avec leurs territoires.Nous cherchons à montrer comment, d'un point de vue élargi, ces deux habitats alter hégémoniques présentent des convergences et complémentarités constituant des pistes de réflexion pour penser des habitats propices à des modes de vie en adéquation avec le système Terre. Nous relevons notamment les aspects de collectif et de mutualisation en interne, l'activation des réseaux en externe, l'intergénérationnel et l'éducation, la résilience constructive et alimentaire, la mise en commun des savoir et savoir-faire, entre autres. La prise en compte de ces aspects représente une diversité de pistes à suivre pour envisager de mettre en place de manière effective de nouvelles pratiques endogènes de conception, de production, d'usage de l'habitat vers un mieux vivre ensemble, viabilisé par des gouvernances dynamiques, voire des cosmopolitiques spécifiques à chaque contexte.