Télédétection quantitative des traits foliaires des forêts tempérées à partir de mesures spectroscopiques
| Auteur / Autrice : | Thierry Gaubert |
| Direction : | Xavier Briottet, Susan L. Ustin |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences de la Terre et des Planètes Solides |
| Date : | Soutenance le 11/06/2024 |
| Etablissement(s) : | Toulouse, ISAE |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences de l’univers, de l’environnement et de l’espace (Toulouse) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Équipe d'accueil doctoral Physique spatiale et instrumentation (Toulouse, Haute-Garonne) |
| Jury : | Président / Présidente : Thomas Corpetti |
| Examinateurs / Examinatrices : Xavier Briottet, Susan L. Ustin, Raul Lopez-Lozano, Maria Pilar Martín, David Sheeren | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Thomas Corpetti, Raul Lopez-Lozano | |
| DOI : | 10.70675/7bf58070z6c22z42b7za2b9za0d9f3e3df9c |
Mots clés
Résumé
Les écosystèmes forestiers couvrent environ 10 pourcent de la surface terrestre. Ils offrent de nombreuses fonctions écologiques et services écosystémiques de part leur importante biodiversité et leur rôle dans la régulation du climat et dans les cycles biogéochimiques. Cependant, les changements climatiques, liés au réchauffement climatique global, mettent en péril le maintien de ces écosystèmes en plongeant les espèces végétales présentes dans des conditions pour lesquelles elles ne sont pas adaptées. Le suivi de la végétation des écosystèmes forestiers peut être réalisé par télédétection quantitative grâce à l’estimation de traits fonctionnels définis en écologie comme caractéristiques indicatrices des capacités de croissance, reproduction ou survie. Plus spécifiquement, pour les espèces végétales, certains traits fonctionnels, appelés traits foliaires, sont liés à la composition biochimique du feuillage et affectent les propriétés optiques de la végétation par des processus physiques. Au moyen de la résolution d’un problème inverse, les traits foliaires sont donc accessibles par des méthodes de télédétection aéroportée et spatiale utilisant des données hyperspectrales dans le domaine optique 0,4-2,5 µm. Des capteurs hyperspectraux, déjà lancés ou prévus dans la prochaine décennie, vont fournir des flux massifs de données, rendant possible le suivi des écosystèmes forestiers mais nécessitant des méthodes de traitement automatique. Dans ce contexte, cette thèse vise le développement d’une méthode généralisable capable de traiter l’ensemble des images d’un capteur spatial pour les forêts tempérées pour l’estimation de quatre traits foliaires: concentrations foliaires en chlorophylles (Cab), caroténoïdes (Cxc), eau (EWT) et matière sèche (LMA). Pour répondre à cet objectif, cette thèse propose de tester des méthodes d’estimation à l’échelle de la feuille puis à l’échelle de la canopée, en s'appuyant sur des données collectées sur cinq sites forestiers de Californie, couvrant plusieurs écosystèmes et différentes saisons. A l'échelle de la feuille, plusieurs méthodes d’estimation des traits sont comparées, incluant des approches physiques et statistiques, et en s'appuyant sur des échantillons de feuilles collectées sur les cinq sites. Les principaux résultats montrent que la méthode statistique basée sur la régression à partir de processus gaussien obtient les meilleures performances quel que soit le trait estimé. À l'échelle de la canopée, l'estimation des traits foliaires est réalisée par une approche statistique et une approche hybride, en s'appuyant sur des acquisitions AVIRIS réalisées sur les cinq sites. L'approche statistique consiste à entraîner des modèles de régression à partir de données hyperspectrales AVIRIS. L'approche hybride consiste à entraîner un réseau de neurones à convolution (CNN) sur une base de données synthétique générée à partir du modèle DART. Cette étape montre que les approches statistiques obtiennent de meilleures performances que l’approche hybride. Néanmoins toutes les méthodes testées se révèlent peu adaptées pour extraire les effets des traits foliaires à partir de la réflectance à l’échelle de la canopée, et les erreurs d’estimation restent trop importantes pour analyser des variation saisonnières et intra-spécifiques des traits foliaires. Afin d'améliorer les performances d’estimation, une étude plus approfondie des effets de la géométrie de la canopée et du sous-bois serait nécessaire. De plus, il serait nécessaire de tester la prédictibilité de l’état de santé des forêts à partir de la cartographie des traits foliaires pour réaliser un suivi complet.