Les violences sexuelles subies par les hommes en France : parcours de violences et rapports d'âge
| Auteur / Autrice : | Lucie Wicky |
| Direction : | Florence Maillochon, Magali Mazuy |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sociologie |
| Date : | Soutenance le 15/11/2024 |
| Etablissement(s) : | Paris, EHESS |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales |
| Partenaire(s) de recherche : | EPTS : Institut national d'études démographiques (1945-... ; Paris) |
| Jury : | Président / Présidente : Isabelle Clair |
| Examinateurs / Examinatrices : Isabelle Clair, Armelle Andro, Isabelle Mallon, Sébastien Chauvin, Alice Debauche | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Armelle Andro, Isabelle Mallon | |
| DOI : | 10.70675/8ea65ff4z82c0z4547z83bcz3c39f2c52064 |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Mots clés libres
Résumé
Cette recherche porte sur les violences sexuelles subies par les hommes, conceptualisées comme des violences de genre. Elle adopte une approche biographique et porte une attention particulière aux rapports d’âge imbriqués au genre, mais aussi à la sexualité et la classe. Les analyses s’appuient sur deux enquêtes quantitatives, Virage (2015) et CSF (2006), ainsi que cinquante entretiens biographiques avec des répondants à Virage ayant déclaré des violences sexuelles.Au total, 3,1 % des hommes déclarent avoir subi des violences sexuelles au cours de la vie, presque exclusivement avant 25 ans et perpétrées par d’autres hommes, toujours plus âgés. L’approche biographique permet de souligner l’importance des mécanismes de domination au sein de l’institution familiale, en particulier dans la banalisation des violences et leur silenciation. Elle souligne que les violences constituent des facteurs de vulnérabilité dans les parcours de vie, en fonction des conditions de vie dans l’enfance, et plus tard sur la trajectoire de santé, sexuelle et dans les relations interpersonnelles. Cette recherche met également en lumière les rapports aux normes de genre, de sexualité et de conjugalité des hommes qui déclarent des violences. Ceux-ci se positionnent de manière moins inégalitaire que l’ensemble des hommes, au sein d’un espace des masculinités opposant masculinités hégémoniques égalitariste et conservatrice. L’approche biographique est répliquée pour théoriser les « parcours de violences », constitués de plusieurs trajectoires : exposition, silenciation, qualification et énonciation. Ces dernières permettent d’analyser les évolutions dynamiques des rapports de pouvoir, durant les violences et lorsqu’elles ont pris fin. Après avoir isolé six trajectoires types d’exposition, deux groupes se distinguent : les hommes ayant vécu des violences (très) jeunes et/ou cumulées, notamment au sein de la famille ou de l’entourage proche ; et ceux les ayant subies à l’adolescence ou durant la jeunesse, dans des contextes scolaires, de sociabilités masculines et d’entrées dans la sexualité. Les premiers ont un parcours de violences particulièrement difficile, qui marque les parcours de vie. Les violences laissent des traces mais ne marquent pas durablement les parcours de vie des seconds. Toutefois, tout au long de la thèse, l’analyse montre que les hommes non hétérosexuels sont plus exposés, plus silenciés, moins soutenus et plus mis en vulnérabilité tout au long du parcours de vie.