Engagement politique transnational et reconfiguration genrée de l'imaginaire national parmi les Kurdes en Occident dans l'ère post-Révolution du Rojava
| Auteur / Autrice : | Soheila Shahriari |
| Direction : | Hamit Bozarslan |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Etudes politiques |
| Date : | Soutenance le 12/12/2024 |
| Etablissement(s) : | Paris, EHESS |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales |
| Jury : | Président / Présidente : Judith Scheele |
| Examinateurs / Examinatrices : Judith Scheele, Fatma Müge Göçek, Firuzeh Kashani-Sabet, Laurent Dissard, Isabel Käser, Marlene Schäfers | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Fatma Müge Göçek, Firuzeh Kashani-Sabet | |
| DOI : | 10.70675/116206b7z1655z44d1z8e42z6dabdf76b9cb |
Mots clés
Résumé
Cette recherche examine les raisons, les mécanismes et les conséquences sous-jacents à la dynamique diversifiée et intensifiée de l'engagement politique parmi les Kurdes à travers l'Occident depuis la révolution du genre au Rojava. La première partie, qui comprend les deux premiers chapitres, met en lumière les raisons qui poussent les participants à la recherche, en particulier la jeune génération, à s'engager dans la défense du mouvement kurde dans son ensemble et, plus spécifiquement, de la cause du Rojava, en se penchant sur leurs expériences vécues du genre et de l'identité kurde, deux identités contestées dans un contexte transnational. En outre, elle se concentre sur la reconfiguration du spectre politique kurde depuis la révolution du Rojava. La deuxième partie, qui englobe les quatre chapitres suivants, examine minutieusement les perspectives des participants à la recherche sur les différentes facettes de l'expérience du Rojava. Ce faisant, elle examine les significations et l'importance que les participants attribuent à la bataille de Kobané en particulier et au projet politique plus large du Rojava. Elle analyse également leurs critiques de la performance politique des acteurs du Rojava, ainsi que leurs critiques de la politique étrangère occidentale à l'égard de la question kurde dans son ensemble et du Rojava en particulier. La troisième partie, qui comprend les trois derniers chapitres, met en lumière les principales dynamiques de l'engagement politique kurde transnational dans l'ensemble de l'Occident après la révolution du Rojava. L'analyse empirique s'appuie sur plus de 101 entretiens menés auprès d'un large éventail de Kurdes, dont des politiciens, des artistes, des universitaires et d'autres personnes résidant principalement en Europe occidentale (notamment en France, en Angleterre, en Allemagne, en Belgique, en Suisse et en Suède) et, dans une moindre mesure, en Nouvelle-Zélande, au Canada et aux États-Unis. La révolution du Rojava, avec son immense puissance douce et son bilan démocratique à l'échelle mondiale, marque un tournant dans la (re)formation de l'imaginaire collectif et de la praxis politique des participants à la recherche concernant divers aspects de la politique kurde ainsi que de l'identité collective. Cela inclut la restructuration du spectre politique kurde et la reconfiguration de l'imaginaire national en fonction du genre. Par conséquent, il sera avancé que la révolution a apporté de nouvelles dynamiques à l'engagement politique kurde transnational dans l'ère post-Rojava. Trois dynamiques principales ont été identifiées: Premièrement, les efforts déployés par les acteurs politiques kurdes, principalement mais pas exclusivement, pour retirer le PKK de la liste des organisations terroristes de l'UE. Deuxièmement, les effets domino de cette révolution dans toute la région du Moyen-Orient et en Occident, illustrés par son slogan féministe kurde, Jin Jiyan Azadi, qui s'est transformé en une protestation nationale contre le régime théocratique de la République islamique d'Iran et a ensuite gagné l'Occident, principalement, mais pas exclusivement, par le biais des communautés iranienne et kurde depuis septembre 2022. Enfin, la montée des acteurs politiques kurdes en tant que force motrice du processus de démocratisation au Moyen-Orient, bien qu'ils soient statistiquement minoritaires, en s'appuyant sur les antécédents démocratiques des acteurs kurdes, notamment illustrés par le HDP en Turquie, la révolution du genre au Rojava et le mouvement ''Femme, Vie, Liberté'' en Iran.