Thèse soutenue

Des pêcheurs dans la ville. En quête des quartiers maritimes entre sociétés portuaires et territoires urbains : Calais, Boulogne, Fécamp, Douarnenez, Concarneau (vers 1840-1914)

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Auteur / Autrice : Benedicte Idoux-Renard
Direction : Isabelle Backouche
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire et civilisations
Date : Soutenance le 24/05/2024
Etablissement(s) : Paris, EHESS
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales
Jury : Président / Présidente : Carole Christen
Examinateurs / Examinatrices : Carole Christen, Gilbert Buti, Alexandre Frondizi, Jean Martinant de Preneuf
Rapporteurs / Rapporteuses : Carole Christen
DOI : 10.70675/30b83de9z49a3z4bbaz9e0az27235a200783

Résumé

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Calais, Boulogne, Fécamp, Concarneau, Douarnenez. Présentant à la fois des similitudes et des divergences, ces cinq observatoires portuaires du littoral nord-ouest français font ici l’objet d’une histoire comparative au cours d’une période s’adossant au XIXe siècle, entre les années 1840 et la veille de la Première guerre mondiale. L’activité de la pêche organise ces villes depuis leur fondation et en a déterminé partiellement, parfois totalement la topographie urbaine. L’existence de quartiers maritimes, c’est-à-dire de secteurs urbains où se rassemblent des populations dont l’activité s’organise autour de la pêche semble avérée même s’il convient d’en retracer les évolutions, les contours et les caractéristiques qu’elles soient d’ordre matériel ou symbolique. Y vivent des hommes qui tirent leur subsistance de la mer en se livrant à la pêche côtière (sardine) ou hauturière (hareng, morue) et des femmes occupées à la pêche à pied notamment lorsque les prises en mer sont insuffisantes et le gain de leur époux trop faible. Beaucoup d’entre elles travaillent dans des ateliers à l’apprêt du poisson puis dans les usines de conserverie. Avec d’autres acteurs, proches des activités océanes, ces familles de pêcheurs constituent des communautés maritimes. Il s’agit donc de déceler puis d’analyser les relations qui se nouent au sein de ces entités comme avec les autres citadins, et qui façonnent de façon décisive la morphologie urbaine de ces ports alors que les transformations sociales et économiques qu’engendre la Révolution industrielle bouleversent les territoires dès la seconde moitié du XIXe siècle. Qu’elles soient d’ordre démographique, en particulier dans les villes du Finistère dont le nombre d’habitants croît de façon spectaculaire, ou d’ordre économique avec des prises halieutiques de plus en plus importantes, le développement des transports qui permet d’acheminer davantage de poisson vers les lieux de consommation et l’essor de la conserverie en Bretagne qui va faire la fortune de Douarnenez et de Concarneau, elles modifient sensiblement l’inscription spatiale de ces communautés et de leur quartier. Les éléments culturels puis les manifestations des revendications sociales qui surgissent au tournant du siècle participent de cette plasticité effective. Ce travail qui relève de l’histoire sociale et de la géographie culturelle fait appel à une documentation fondée en grande partie sur des archives extrêmement diverses et très éparpillées. Celle-ci permet de saisir la recomposition des quartiers maritimes dont la territorialité se lit inévitablement à différentes échelles. Relier histoire, société et territoire multiplie ainsi les critères d’approche afin d’établir une typologie opératoire des quartiers maritimes à partir des cinq sites retenus. Au terme de ce travail, cette hypothèse envisagée au départ ne semble pouvoir être retenue.