Thèse soutenue

Evaluation de la production de cyanotoxines dans les cultures de spiruline (Limnospira spp.)

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Auteur / Autrice : Pierre-Etienne Pinchart
Direction : Vanina PasqualiniFelice Mastroleo
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Physiologie et Biologie des Organismes - Populations - Interactions
Date : Soutenance le 17/12/2024
Etablissement(s) : Corte
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Environnement et sociéte (Corte ; 2000-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Université de Corse (1975-....). UMR CNRS 6134 ''Sciences pour l'Environnement'' (SPE)
Jury : Président / Présidente : Jérémie Santini
Examinateurs / Examinatrices : Jérémie Santini, Stéphan Jacquet, Annick Wilmotte, Muriel Gugger, Yann Quilichini
Rapporteurs / Rapporteuses : Stéphan Jacquet, Annick Wilmotte
DOI : 10.70675/c737fb5az975cz4f9czba31z2d23dc0798eb

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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La spiruline est le nom commun de cyanobactéries comestibles cultivées dans des exploitations aquacoles généralement industrielles. Toutefois, en France, cette production est assurée par 180 fermes paysannes. La spiruline est consommée sous forme d’aliments ou de compléments alimentaires, pour sa valeur nutritionnelle et ses effets positifs sur la santé. Cependant, certaines cyanobactéries produisent des cyanotoxines et sont susceptibles de contaminer les cultures de spiruline. Ces toxines, notamment des microcystines (MCs), avaient été détectées dans des spirulines provenant de différents marchés étrangers. De plus, une espèce de spiruline, Limnospira fusiformis, était soupçonnée de toxicité suite à deux publications portant sur des souches kényanes. Enfin, une confusion taxonomique concernait les spirulines désignées par quatre noms d’espèces réparties sur deux genres. Au regard de ces éléments, il apparait nécessaire d’apporter des connaissances sur les contaminations, par des cyanotoxines et par des cyanobactéries, des cultures françaises de spiruline. En outre, il était indispensable de caractériser les différentes souches de spiruline cultivées afin d’identifier leur espèce et de vérifier si elles peuvent produire des cyanotoxines.Les résultats de 623 analyses de MCs sur des spirulines par la méthode enzymatique Adda-ELISA et de cinq résultats de contre-analyses par la méthode LC-MS/MS ont permis de conclure que les productions de spiruline de la filière paysanne française ne présentent pas de risque sanitaire lié aux MCs. Par ailleurs, des analyses métagénétique et métagénomique réalisées sur six échantillons de culture de spiruline ont montré que ces derniers ne contiennent que des cyanobactéries halo-alcalophiles non toxiques dont le genre Sodalinema qui est un contaminant dominant. A contrario, l’échantillon environnemental de la souche de spiruline camarguaise contenait des cyanobactéries potentiellement toxiques. Ces résultats, étayés par les dénombrements de cyanobactéries réalisés sur des échantillons issus de 95 fermes, ont révélé que la salinité et l’alcalinité des milieux de cultures utilisés en France ne sont pas propices au développement des cyanobactéries connues pour produire des MCs.La comparaison des génomes de 22 souches de spiruline, dont deux cultivars utilisés en France, ainsi que la souche camarguaise, a établi qu’il n’existe que deux espèces de spiruline, Limnospira maxima et L. platensis, et que les appellations L. fusiformis et L. indica sont des synonymes hétérotypes de L. maxima. La caractéristique morphologique permettant de distinguer ces deux espèces a également été trouvée. Enfin, l’analyse de 11 génomes de chaque espèce a démontré l’absence de séquences génétiques pouvant être associée aux cyanotoxines, prouvant par là leur innocuité.