Technologies numériques et gouvernance participative : les acteurs publics et les acteurs privés du bâtiment à l'épreuve des villes intelligentes
| Auteur / Autrice : | Oswa Ferjaoui |
| Direction : | Vincent Meyer |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Information et communication |
| Date : | Soutenance le 28/06/2024 |
| Etablissement(s) : | Université Côte d'Azur |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sociétés, humanités, arts et lettres (Nice ; 2016-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : TransitionS (Nice ; 2016-) |
| Jury : | Président / Présidente : Amel Attour |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Christophe Assens, Marc Trestini | |
| DOI : | 10.70675/1fc221f3zf4f8z48a5z891dz8ca04c23aeaa |
Mots clés
Résumé
Dans un contexte actuel d'urbanisation rapide et de numérisation accrue, les villes contemporaines sont confrontées à la nécessité pressante de s'adapter à diverses transformations majeures. L'adoption de stratégies dites de Smart Cities (SC) émerge alors comme une réponse indispensable à ces enjeux. C'est ainsi que la gouvernance participative figure comme l'une des options stratégiques privilégiées par de nombreuses villes pour faciliter leur transformation vers des SC. C'est dans cette perspective que s'inscrit notre recherche doctorale, dont la finalité est de caractériser, notamment d'un point de vue info-communicationnel, la mise en pratique d'une gouvernance participative dans le cadre de la construction de bâtiments aujourd'hui intelligents. Plus spécifiquement, notre recherche se concentre sur l'interaction entre les acteurs publics et privés qui interviennent dans ce secteur. Ainsi, la problématique qui structure ce travail permet d'appréhender la gestion des formes organisationnelles durant les phases de construction de bâtiments dits intelligents. Concernant notre positionnement épistémologique, il s'inscrit dans une posture interprétativiste associée à une démarche abductive classiquement marquée par des allers-retours entre la théorie et le terrain. Sur le plan théorique, nous avons entrepris une revue approfondie de la littérature portant sur nos deux notions clés : la gouvernance participative et les SC. Deux ressources ont alors été identifiées comme essentielles pour instaurer une gouvernance participative efficace, à savoir le capital humain et les technologies numériques, qui peuvent elles-mêmes être étudiées à travers deux dimensions spécifiques : relationnelle et informationnelle.La dimension relationnelle repose sur la capacité du capital humain à établir des relations constructives. La dimension informationnelle, quant à elle, se traduit par l'utilisation d'outils technologiques qui doivent faciliter la communication et l'échange d'informations. Or, les recherches les plus récentes ont mis en évidence un aspect essentiel de l'intelligence d'une ville, à savoir la capacité de son capital humain à prioriser l'utilisation des technologies (et innovations) numériques. Ces innovations peuvent avoir des impacts multiples, qui influent sur leur acceptabilité sociale. Dans cette optique, une conclusion essentielle a émergé de notre recherche : la dimension informationnelle et la dimension relationnelle se révèlent essentielles et interdépendantes pour instaurer une gouvernance participative efficace. À cet égard, notre étude identifie trois contextes distincts pour qualifier la gouvernance participative dans le domaine du bâtiment. Tout d'abord, un contexte fortement favorable, caractérisé par une attention particulière portée aux deux dimensions informationnelle et relationnelle. Ensuite, un contexte modérément favorable, où l'accent est mis de manière significative sur l'une de ces dimensions. Enfin, un contexte faiblement favorable où aucune des deux dimensions n'est pleinement prise en compte. À la suite de ces constats, nous avons mis en œuvre un recueil de données via des entretiens semi-directifs auprès de divers acteurs impliqués dans la réalisation de grands projets urbains dans un cadre de gouvernance participative. L'ensemble a été complété par une illustration sur un autre terrain français relatif au dispositif AMI Ville durable 2030 à Nice. L'objectif de notre démarche empirique était d'analyser la réalité d'une gouvernance participative durant toutes les phases de construction de projets urbains. En conclusion, nos résultats empiriques trouvent leurs fondements dans les explications issues de trois théories : celles des parties prenantes, des ressources et de la diffusion des innovations. Ils mettent ainsi en lumière les défis et discordances qui subsistent dans le domaine du développement urbain « intelligent » en France.