Thèse soutenue

Capacités de force du membre supérieur : fondements théoriques et reconstruction de modèles musculosquelettiques

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Auteur / Autrice : Gautier Laisné
Direction : Jean-Marc SalottiNasser Rezzoug
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Automatique, Productique, Signal et Image, Ingénierie cognitique
Date : Soutenance le 17/12/2024
Etablissement(s) : Bordeaux
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale des sciences physiques et de l’ingénieur (Talence, Gironde ; 1995-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire de l'intégration du matériau au système (Talence, Gironde)
Jury : Président / Présidente : Marc Gouttefarde
Examinateurs / Examinatrices : Christine Chevallereau
Rapporteurs / Rapporteuses : Darwin Lau, Charles Pontonnier
DOI : 10.70675/0cbe0227z68a0z4d48z8ae7z936d581b4807

Résumé

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En interaction physique Humain-Robot, un robot et un individu effectuent une tâche de collaboration par le biais d'un contact physique, par exemple entre l'effecteur terminal du robot et la main de l'humain. Une attention nécessaire se porte alors sur la sécurité de cette collaboration. Afin que le robot puisse fournir une assistance adaptée, il est primordial de caractériser les limites d'un individu, notamment celles biomécaniques. Les capacités de force du membre supérieur humain correspondent à l'ensemble des efforts qu'il peut exercer au niveau de la main, dans une posture spécifique. La forme de ces ensembles reflète des propriétés individuelles, telles que l'anthropométrie et la force musculaire. De plus, leur surface caractérise les efforts maximaux possibles. Par conséquent, la connaissance des capacités de force d'un individu permet d'aiguiller l'assistance du robot afin de respecter les limites en force de l'humain.Expérimentalement, les capacités de force sont difficiles à mesurer directement. Néanmoins, en conditions isométriques, elles peuvent être décrites partiellement en mesurant des efforts maximaux dans des directions spécifiées. In silico, les modèles musculosquelettiques représentent mathématiquement le squelette, les articulations et les muscles. Ils permettent de simuler les capacités de force dans diverses postures, construites par le biais d'opérations géométriques (somme de Minkowski, projection, intersection) sur des ensembles convexes. Cependant, ces opérations sont coûteuses en temps de calcul. Cette thèse se concentre donc en premier lieu sur une nouvelle approche réduisant le temps de calcul de l'une de ces opérations.Par ailleurs, la modélisation des capacités de force nécessite de faire des hypothèses sur la façon dont les tensions musculaires contribuent aux couples articulaires. Ces hypothèses influencent la forme des capacités de force, notamment leur représentation sous forme de polytope ou d'ellipsoïde. Cette thèse propose donc une unification de ces représentations afin de considérer, de manière géométrique, diverses hypothèses biomécaniques sur les relations entre tensions musculaires. Bien que l'utilisation de modèles musculosquelettiques complexes et détaillés limite la simulation des capacités de force, ce cadre théorique met en évidence une forme universelle pour la représentation des capacités de force d'un individu.Également, une représentation précise des capacités de force d'un individu nécessite la connaissance d'un modèle musculosquelettique personnalisé. Compte tenu de l'approche ensembliste des capacités de force, cette thèse propose une analyse de sensibilité adaptée évaluant l'influence des paramètres musculaires sur les propriétés géométriques des capacités de force. Cette analyse met également en évidence les défis de la personnalisation en regard de l'inter-variabilité entre individus.Enfin, un protocole expérimental a été établi afin de confronter les méthodes de personnalisation in silico à des forces maximales isométriques mesurées dans différentes postures du membre supérieur. La représentation des capacités de force sous forme d'ellipsoïdes, moins coûteuse en temps de calcul, et l'ajout d'hypothèses biomécaniques sur le comportement musculaire amènent à la personnalisation des muscles d'un modèle musculosquelettique, validant in vivo les résultats théoriques proposés dans cette thèse.