Thèse soutenue

Interaction ondes-écoulement moyen et impact sur la variabilité de la moyenne atmosphère

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Auteur / Autrice : Alexis Mariaccia
Direction : Philippe KeckhutAlain Hauchecorne
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Géosciences
Date : Soutenance le 04/12/2023
Etablissement(s) : université Paris-Saclay
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de l'environnement d'Île-de-France (Paris ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire Atmosphères, observations spatiales (Guyancourt, Yvelines ; 2009-....)
Référent : Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (1991-....)
graduate school : Université Paris-Saclay. Graduate School Géosciences, climat, environnement et planètes (2020-….)
Jury : Président / Présidente : Hélène Brogniez
Examinateurs / Examinatrices : Nathalie Brun-Huret, Christine Lac, Elisabeth Blanc, Riwal Plougonven
Rapporteurs / Rapporteuses : Nathalie Brun-Huret, Christine Lac
DOI : 10.70675/a938edddz1aaez4d82za290z44d24ff33104

Résumé

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La moyenne atmosphère s'étend de 10 à 90 km et englobe à la fois la stratosphère (10 à 50 km) et la mésosphère (50 à 90 km). L'équilibre présent dans la moyenne atmosphère est le résultat de la propagation verticale d'ondes atmosphériques de petites et grandes échelles redistribuant le moment angulaire à travers l'atmosphère. Ces ondes perturbent notablement le flux moyen lorsqu'elles se brisent, déposant ainsi leur quantité de mouvement et leur énergie, ce qui impacte la circulation générale. De plus, cette interaction onde-écoulement moyen est responsable de l'existence de phénomènes régissant la variabilité observée dans la moyenne atmosphère. Notamment, les deux plus marquants sont les échauffements stratosphériques soudains (ESSs) et les inversions de température mésosphériques (ITMs). Plus spécifiquement, les ESSs se manifestent en hiver par une augmentation de la température de la calotte polaire (40 à 60 K) et un affaiblissement du vortex polaire pouvant même inverser les vents d'ouest pour les cas les plus extrêmes. Un vortex polaire perturbé peut ensuite influencer la météo troposphérique au cours des mois suivants en générant, par exemple, des vagues de froid intenses. Les ITMs représentent une augmentation inattendue de la température (10 à 50 K) se produisant dans la mésosphère pendant plusieurs jours et s'étendant sur des milliers de kilomètres. De plus, les ITMs peuvent poser des problèmes importants pour la rentrée en toute sécurité des fusées, des navettes spatiales ou des missiles dans l'atmosphère suscitant davantage d'intérêt pour cet événement. Ainsi, pendant de nombreuses années, ces deux phénomènes ont été étudiés par la communauté scientifique cherchant à comprendre leur mécanisme d'apparition et leurs effets sur l'atmosphère. L'émergence de la technologie LiDAR et l'amélioration des produits de réanalyse archivant le climat passé ont rendu leur étude plus accessible.Dans cette thèse, l'objectif est d'apporter des avancées dans la compréhension et la description des phénomènes ESS et ITM grâce à de nouvelles observations LiDAR acquises à l'Observatoire de Haute-Provence (44°N, 6°E) et à la dernière génération de produit de réanalyse, ERA5, couvrant la période de 1940 à aujourd'hui. Pour commencer notre étude de ces phénomènes à travers les données ERA5, nous avons initialement évalué la capacité d'ERA5 à reproduire la variabilité dans la moyenne atmosphère en la comparant aux observations LiDAR. Nous avons constaté que la variabilité stratosphérique observée pendant l'hiver, y compris celle générée par les ESSs, est reproduite avec précision dans la réanalyse ERA5. Cependant, le modèle ne parvient pas à reproduire cette précision à la fois dans la stratosphère d'été et dans la mésosphère, quelle que soit la saison, en raison soit de l'absence ou de la simulation imprécise des événements ITMs. De plus, nous présentons de nouvelles observations de la température et du vent co-localisées pendant les événements ITMs et évaluons comment ERA5 simule le vent en présence de ITMs. Une décélération du vent se produit dans la même gamme d'altitude que l'augmentation de la température, ce qui confirme le rôle des ondes de gravité dans l'apparition de ce phénomène. À la lumière de ces résultats, la réanalyse ERA5 contenue dans la stratosphère et la troposphère a été utilisée exclusivement pour étudier, premièrement, les principaux déroulés de la stratosphère d'hiver modulés par le timing des ESSs, et ensuite, leurs liens verticaux tout au long des mois d'hiver. De manière intéressante, nous avons découvert qu'en hiver dans l'hémisphère nord, la stratosphère suit quatre scénarios distincts qui présentent des couplages stratosphère-troposphère différents. Notamment, nous avons identifié des précurseurs de surface notables associés à ces scénarios qui pourraient potentiellement avoir des applications pour la prévision saisonnière.