Thèse soutenue

Une fantaisie héroïque en duo. Les mousquetaires d’Alexandre Dumas et les chevaliers errants de Jin Yong

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Auteur / Autrice : Sha Ye
Direction : Alain Pagès
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Littérature et civilisation françaises
Date : Soutenance le 15/06/2023
Etablissement(s) : Paris 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Littérature française et comparée (Paris ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de Recherche sur les Poétiques du XIXe siècle (Paris)
Jury : Président / Présidente : Dali Shen
Examinateurs / Examinatrices : Alain Pagès, Dali Shen, Corinne Perrin-Saminadayar, Daniel Compère, Siyan Jin
Rapporteurs / Rapporteuses : Dali Shen, Corinne Perrin-Saminadayar
DOI : 10.70675/1496567ez5f7az49c9z8913z9559a7c876c3

Résumé

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Ressusciter l’héroïsme en réécrivant des épopées aux temps modernes, telle est l’idée commune à l’auteur de la trilogie des Mousquetaires et à Jin Yong, romancier d’arts martiaux souvent appelé « l’Alexandre Dumas chinois ». Mais qu’est-ce qu’un héros ? Chacun des deux écrivains explore à sa manière ce thème majeur de la littérature d’aventures chevaleresques à travers les portraits des grandes figures dans son œuvre, que nous abordons dans notre étude comparative sous trois aspects qui se déroulent comme sur une échelle des plans au cinéma : le parcours évolutif du héros, les relations affectives qui marquent sa personnalité et les traits saillants de son tempérament. Constamment en rapport de forces avec le pouvoir en place souvent représenté par l’autorité paternelle, les mousquetaires dumasiens et les chevaliers errants chez Jin Yong se transforment progressivement en grands transgresseurs qui se débattent contre la fatalité de la caste à laquelle ils appartiennent afin d’agir en liberté dans un monde cherchant à les dompter. Ce fil épique est entouré, à l’instar du bâton d’un thyrse, du fil sentimental. Deux discours de l’amour anticonformistes se construisent, se contrastent et finalement se répondent dans une réalité beaucoup moins rose que l’image codifiée de l’idylle, cédant la place à l’amitié virile, née dans une camaraderie chaleureuse ou des moments d’intensité, idéalisée ou revêtant d’une certaine ambiguïté, et magnifiée dans tous les deux univers romanesques comme une valeur suprême sans forcément être sainte. Le grand écart entre nos héros et le profil d’un chevalier sans peur et sans reproche se fait sentir davantage lorsque l’on les examine de plus près à l’aune du niveau culturel, de la moralité et de la motivation de leurs actes. Très humains en partageant des défauts, des banalités et des limites, ils n’étonnent pas moins par de hautes qualités primitives, sans exclure un accent comique. L’héroïsme est revalorisé dans la continuité et la rupture avec les traditions, dans l’unisson et le choc entre Occident et Orient.