Thèse soutenue

Barrières et transport des impuretés dans les plasmas de Tokamak

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Auteur / Autrice : Guillaume Lo-Cascio
Direction : Etienne GravierThierry Réveillé
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Physique
Date : Soutenance le 29/09/2023
Etablissement(s) : Université de Lorraine
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale C2MP - Chimie mécanique matériaux physique (Lorraine ; 2018-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Institut Jean Lamour (Nancy ; Vandoeuvre-lès-Nancy, Metz ; 2009-....)
Jury : Président / Présidente : Stéphane Heuraux
Examinateurs / Examinatrices : Etienne Gravier, Thierry Réveillé, Pascale Hennequin-Blondet, Peter Beyer, Guilhem Dif-Pradalier
Rapporteurs / Rapporteuses : Pascale Hennequin-Blondet, Peter Beyer
DOI : 10.70675/30a5b8bdz4729z4719zb7c1z89b53605ec82

Résumé

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La fusion nucléaire est le processus qui anime le plasma de cœur des étoiles et consiste à fusionner des noyaux légers, typiquement des isotopes de l'hydrogène, en un noyau plus lourd comme l'hélium. Le déficit de masse engendré via ce type réaction donne en sortie une quantité d'énergie importante, le tout sans émettre de gaz à effet de serre. Cette réaction de fusion via confinement gravitationnel est impossible à effectuer sur Terre et il est donc nécessaire de trouver un autre moyen de confiner un plasma à plusieurs millions de Kelvin si l'on souhaite exploiter cette source d'énergie. Le moyen le plus étudié pour atteindre cet objectif aujourd'hui est la fusion par confinement magnétique. En effet, les particules chargées suivent une trajectoire circulaire autour des lignes de champ magnétique. Il est donc possible de construire un réacteur, usuellement de forme toroïdale, permettant de confiner un plasma moins dense que dans le cœur des étoiles, mais à des températures 10 fois plus élevées. Un champ magnétique dans l'axe principal du tore est alors généré par des bobines transverses (i.e. poloïdales) qui injectent un courant dans ce même axe toroïdal. Ce dernier génère un champ magnétique transverse qui, une fois combiné avec le premier champ, créé un champ total hélicoïdal reposant sur des surfaces toroïdales imbriquées. Les particules qui évoluent dans ces surfaces fermées sont alors dites confinées. Cependant, le confinement du plasma dans un tokamak n'est pas parfait ; les collisions Coulombiennes permettent aux ions de dériver vers les parois en traversant la dernière surface de flux fermée du tokamak (i.e. la séparatrice). Ce phénomène de transport est appelé transport « néoclassique ». En revanche, les coefficients de transports calculés à partir de la théorie néoclassique sont 2 à 3 ordres de grandeurs en dessous des valeurs expérimentales. Le transport observé dans les tokamaks est dû principalement à des instabilités se développant en turbulence en puisant dans l'énergie libre stocké dans les gradients de température notamment, augmentant ainsi grandement le transport de chaleur et de particules vers les parois du tokamak. Ce transport peut toutefois être limité via une transition d'état qui s'opère en injectant de l'énergie dans le tokamak via des neutres rapides. Une réduction très importante du transport et un raidissement des profils de pression au bord est alors observé ; une « barrière de transport » s'est mise en place. Cette transition L-H (i.e. « Low - High ») est reproductible expérimentalement dans de nombreux tokamak et est le mode de fonctionnement standard envisagé pour ITER. Cependant, même en mode H, des flux importants de particules et de chaleur peuvent atteindre la paroi et la pulvériser. Des impuretés peuvent alors contaminer le cœur du plasma et entraîner une disruption. C'est notamment le cas du tungstène qui n'est pas complètement ionisé dans les conditions des plasmas de cœur et réémet alors une grande partie de l'énergie qu'il absorbe sous forme de rayonnement. Dans cette thèse, nous avons étudié via GYSELA, un code gyrocinétique 5D massivement parallélisé développé par le CEA Cadarache, les différents mécanismes permettant de générer les barrières de transport. Pour cela, une source de cisaillement poloïdal a été utilisé afin de réduire localement l'intensité turbulente. La réduction importante de la taille moyenne des structures turbulentes a engendré une réduction équivalente du flux de chaleur et du coefficient de diffusivité associé, permettant d'établir clairement la formation d'une barrière de transport. Enfin, des simulations en présence d'impuretés (He, Ar, W) en présence de cette barrière de transport ont montré que la barrière de transport ainsi généré empêche les impuretés lourdes venant de l'extérieur de contaminer le plasma de cœur en augmentant notamment l'effet d'écrantage thermique, améliorant ainsi la qualité du confinement.