Thèse soutenue

Méthodologie de modélisation des effets d'installation sur moteur d'hélicoptères par approche physique et machine learning

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Auteur / Autrice : Alexandre Di Marco
Direction : Pierre Sagaut
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences pour l'ingénieur. Mécanique et physique des fluides
Date : Soutenance le 27/09/2023
Etablissement(s) : Aix-Marseille
Ecole(s) doctorale(s) : École Doctorale Sciences pour l'ingénieur : Mécanique, Physique, Micro et Nanoélectronique (Marseille)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire de Mécanique, Modélisation et Procédés Propres (M2P2) (Marseille, Aix-en-Provence)
Equipe de recherche : Airbus Helicopters (Marignane)
Jury : Président / Présidente : Mitra Fouladirad
Examinateurs / Examinatrices : Nicolas Gourdain, Jean-Christophe Jouhaud
Rapporteurs / Rapporteuses : Nicolas Binder, Eric Garnier

Résumé

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La performance d'un hélicoptère est l'un des éléments les plus importants pour la compétitivité de l'aéronef. Cette performance dépend principalement de la puissance disponible, qui provient essentiellement de son moteur. Néanmoins, leur fonctionnement nécessite une architecture de moteur incluant une prise d'air et un système d'échappement, sensible aux conditions environnementales. Ainsi, lorsque le moteur est intégré dans l'hélicoptère, le flux d'air entrant dans le moteur est soumis à plusieurs perturbations aérothermiques et/ou aérodynamiques, qui peuvent avoir un impact significatif sur la puissance finale fournie par le moteur. La différence entre la puissance fournie par le moteur en vol et au banc d'essai est définie comme des effets d'installation. Habituellement, les effets d'installation sont déterminés lors de tests en vol dédiés une fois que la conception de l'hélicoptère est déjà fixée. Au cours des dernières années, l'arrivée de la nouvelle génération d'aéronefs complexifie l'intégration du moteur. Afin de faire face au manque de données d'effets d'installation tôt dans le cycle de développement et de réduire les risques associés à ces nouvelles architectures, il est nécessaire d'estimer les effets d'installation avant les premiers tests en vol. L'objectif de cette thèse est de fournir des éléments méthodologique pour la modélisation des effets d'installation, qui peut être utilisée tout au long du développement d'un hélicoptère. À cette fin, deux approches ont été étudiées : une première approche appelée approche physique qui repose sur la modélisation des effets d'installation par la reconstruction du cycle thermodynamique du moteur ainsi que son comportement opérationnel sous les perturbations aérodynamiques et aérothermiques. Une seconde approche appelée approche statistique vise à fournir un niveau d'information supplémentaire à l'approche physique. La première approche propose une méthode de simulation des effets d'installation avant les tests en vol pour réduire les coûts et les risques de développement de l'hélicoptère. Elle utilise la reproduction du cycle thermodynamique du moteur couplée à la mécanique des fluides numérique dans l'entrée d'air pour prédire le flux entrant dans le moteur. Les résultats ont été validés par comparaison avec des essais en vol dédiés, montrant une bonne représentation des effets d'installation avec une précision d'environ 1%. Cette méthode peut être utilisée à n'importe quelle phase de vol, mais ne capture pas la dispersion des effets. La deuxième approche, appelée statistique, complète les faiblesses de l'approche physique en prenant en compte la dispersion des effets d'installation. Des simulations CFD supplémentaires avec différentes attitudes d'hélicoptère ont permis une analyse de sensibilité, démontrant l'importance d'inclure l'attitude de l'aéronef dans la simulation des effets d'installation. Cette approche combinée à la simulation des effets d'installation capture jusqu'à 90% des points d'essais en vol. De plus, une méthode de simulation des effets d'installation basé sur l'apprentissage automatique permet d'estimé les effets d'installation d'une configuration non testée en utilisant les résultats des essais en vol effectués sur une autre configuration. Cette approche combine l'apprentissage automatique et la physique, réduisant ainsi le nombre d'essais en vol nécessaires pour définir les effets d'installation lors de modifications de la configuration d'admission d'air.l'utilisation de ces méthodes lors du processus de développement permettent de réduire les risques et le nombre d'essais en vol nécessaire à la détermination des effets d'installation. De plus leur applicabilité à toutes les architectures de moteur et configurations d'admission d'air en font un ensemble d'outils précieux pour le développement des nouveaux hélicoptères