Thèse soutenue

Aspects physio-pathologiques préventifs et thérapeutiques des troubles neurocognitifs péri-opératoires

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Auteur / Autrice : Sarah Saxena
Direction : Joseph VamecqVéronique Kruys
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Biomolécules, pharmacologie, thérapeutique
Date : Soutenance le 29/06/2022
Etablissement(s) : Université de Lille (2022-....) en cotutelle avec Université libre de Bruxelles (1970-....)
Ecole(s) doctorale(s) : École graduée Biologie-Santé (Lille ; 2000-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Maladies rares du développement embryonnaire et du métabolisme : du phénotype au génotype et à la fonction RADEME (Lille) - Maladies RAres du DEveloppement embryonnaire et du MEtabolisme : du Phénotype au Génotype et à la Fonction - ULR 7364
Jury : Président / Présidente : Luc Vanhamme
Examinateurs / Examinatrices : Adelin Albert, Pierre Andreoletti, Jamal Ghoumid
Rapporteurs / Rapporteuses : Alain Leon, Mustapha Cherkaoui-Malki
DOI : 10.70675/6a356c06z9768z43dfz8ec9z784894ddac8b

Résumé

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Les troubles neurocognitifs représentent une complication post-opératoire majeure dont l'étiologie est restée longtemps spéculative. Ce n'est que récemment qu'une cascade inflammatoire, menant à l'activation des microglies, a été identifiée et proposée. Dans ce travail, nous avons voulu éclaircir ces mécanismes responsables des troubles cognitifs post-opératoires selon les deux versants, clinique (patients humains) et pré-clinique (modèles murins) qui nous étaient accessibles.Dans l'étude clinique, l'influence des habitudes de vie sur la prévalence des troubles neurocognitifs péri-opératoires ainsi que sur les marqueurs inflammatoires périphériques (IL-6; HMGB1) classiquement associés aux troubles neurocognitifs péri-opératoires a été réévaluée. Cette étude suggère que la sédentarité pré-opératoire n'est pas un facteur de risque alors que le multilinguisme et l'absence de tendance dépressive seraient des facteurs protecteurs. Cette étude révèle de plus que le taux d'IL-6 sérique, contrairement à celui de l'HMGB1 sérique, varie en fonction du type de chirurgie et de l'âge du patient. Cette étude a aussi permis de dégager une relation préliminaire basée sur les taux d'IL-6 et d'HMGB1 sanguins du premier jour opératoire et prédictive de la survenue d'un déclin cognitif six semaines après l'intervention chirurgicale. Dans l'étude pré-clinique sur modèles murins, il a été pris en considération que plusieurs canaux K + (Kca3.1; Kv1.3; Kvir) identifiés à la surface cellulaire étaient essentiels à l'activation microgliale et l'acquisition d'un phénotype pro-inflammatoire. Atténuer l'activation microgliale via l'inhibition de ces canaux s'avère une approche rationnelle pour prévenir le développement de la neuro-inflammation et du déclin cognitif après intervention chirurgicale (ici résolution d'une fracture tibiale expérimentale). Nous avons ainsi montré que l'inhibition pharmacologique et génétique du canal Kv1.3 réduit la neuroinflammation et le déclin cognitif post-opératoires. D'autre part, nous avons aussi ciblé le canal KCa3.1 avec des résultats similaires montrant que l'inhibiteur de ce canal, le TRAM34, tout comme l'invalidation génétique KCa3.1-/-, préviennent le déclin cognitif et l'activation microgliale associés à la chirurgie. Cette dernière étude a aussi permis de dégager toute une série d'interactions complexes et subtiles entre les conditions expérimentales (anesthésie, chirurgie, TRAM34 et son véhicule pharmacologique le miglyol) et les processus étudiés (score cognitif dans le test Y-maze; population microgliale, taux d'HMGB1 et d'IL-6 dans les hippocampes murins, HMGB1 et IL-6 circulants) dont la nature est toujours en cours d'analyse.