Priming immunitaire chez Armadillidium Vulgare : approches phénoménologique, mécanistique et évolutive

par Cybèle Prigot-Maurice

Thèse de doctorat en Biologie des populations et écologie

Sous la direction de Christine Braquart-Varnier et de Sophie Beltran-Bech.

Soutenue le 17-12-2021

à Poitiers , dans le cadre de École doctorale Chimie, Ecologie, Géosciences et AgroSciences Théodore Monod (Poitiers) , en partenariat avec Ecologie et biologie des interactions - EBI (Poitiers) (laboratoire) , Université de Poitiers. UFR des sciences fondamentales et appliquées (faculte) et de Ecologie et biologie des interactions / EBI (laboratoire) .

Le président du jury était Franck Morel.

Le jury était composé de Christine Braquart-Varnier, Sophie Beltran-Bech, Joël Meunier, Aurélie Tasiemski.

Les rapporteurs étaient Yannick Moret, Mathieu Sicard.


  • Résumé

    Le système immunitaire a longtemps été dichotomisé en immunité innée et immunité adaptative. Présente chez tous les êtres vivants, l’immunité innée repose sur des réponses immunitaires non anticipatoires et non spécifiques au pathogène rencontré. L’immunité adaptative, restreinte aux Vertébrés à mâchoire, permet aux individus de se souvenir d’une précédente rencontre avec un pathogène afin de lutter plus efficacement lors d’une seconde exposition : c’est la mémoire immunitaire. Alors que les Invertébrés ne disposent que d’une immunité innée, ils peuvent eux aussi être protégés face à une seconde infection par le même – ou différents – pathogènes. Ce phénomène, appelé « priming immunitaire », montre que l’immunité innée peut être adaptative. Bien qu’il ait été largement observé, le priming immunitaire demeure mal compris. Durant cette thèse, j’ai étudié le priming immunitaire chez le cloporte commun A. vulgare, une espèce d’isopode terrestre présentant toutes les caractéristiques favorables à l’émergence d’un tel phénomène. Grâce à des approches phénoménologique (analyse de survie), mécanistique (réponse immunitaire cellulaire) et évolutive (coût reproductif), nous avons démontré que A. vulgare exprime un priming immunitaire contre S. enterica. Le mécanisme sous-jacent est probablement une réponse immunitaire soutenue, en partie liée à des modifications cellulaires. Bien que nous n’ayons pas observé de priming immunitaire contre d’autres pathogènes (P. agglomerans, E. coli, R. planticola, L. ivanovii ou encore un virus iridescent), nous avons démontré que l’âge, le genre et Wolbachia affectent le priming immunitaire contre S. enterica. Ces travaux contribuent à la compréhension du priming immunitaire et apportent des pistes de réflexions plus vastes sur l’influence des symbiotes protecteurs sur le priming immunitaire des Invertébrés.

  • Titre traduit

    Immune priming in Armadillidium vulgare : phenomenological, mechanistic and evolutionary approaches


  • Résumé

    The immune system has long been divided into innate and adaptive immunity. Observed in all organisms, innate immunity concern non-anticipatory and non-specific immune responses to the pathogen encountered. Adaptive immunity, restricted to jawed vertebrates, allows individuals to remember a previous encounter with a pathogen to fight more effectively during a second exposure (i.e. immune memory). While invertebrates only rely on innate immunity, they can be protected upon a second infection by the same - or different - pathogens. This phenomenon, called “immune priming”, shows that innate immunity can have adaptive features. Although immune priming is widely observed, it remains poorly understood. During this PhD, I studied the immune priming of the common woodlouse A. vulgare, a terrestrial isopod’s species displaying several suitable features to the emergence of such process. By using phenomenological (survival analysis), mechanistic (cellular immune response) and evolutionary (reproductive cost) approaches, we demonstrated that A. vulgare expresses an immune priming against S. enterica. The underlying mechanism is probably a sustained immune response, partly correlated with cellular changes. Although we did not observe immune priming against other pathogens (P. agglomerans, E. coli, R. planticola, L. ivanovii or an iridescent virus), we demonstrated that age, gender and Wolbachia affect the immune priming response against S. enterica. This work contributes to the understanding of immune priming functioning and broader insights into the influence of symbionts on this biological process.


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