Les réalisations du concept causal « laisser » dans les langues romanes
| Auteur / Autrice : | Clementine Raffy |
| Direction : | Bridget Copley, Klaus von Heusinger |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences du langage - linguistique |
| Date : | Soutenance le 04/12/2021 |
| Etablissement(s) : | Paris 8 en cotutelle avec Universität Köln (1388-....) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Cognition, langage, interaction (Saint-Denis, Seine-Saint-Denis) |
| Partenaire(s) de recherche : | Equipe de recherche : Structure formelle du langage |
| Jury : | Président / Présidente : Claire Beyssade |
| Examinateurs / Examinatrices : Marta Donazzan | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Phillip M. Wolff | |
| DOI : | 10.70675/5c17f4b2zfcbez4168zad2ezc522a4249916 |
Résumé
L'objectif de cette thèse est de proposer une nouvelle solution à un vieux problème : qu’est-ce que cela signifie de ''laisser quelque chose se produire'' ? Cela peut être compris comme l'octroi d'une permission ou comme l'absence d'une intervention. Mais comment savoir à laquelle de ces deux lectures nous avons affaire ? Afin de répondre à cette question, j'utilise comme exemples le verbe français laisser et le verbe espagnol dejar, puisque chacun de ces deux verbes peut donner lieu à deux constructions syntaxiques causatives distinctes, l’une monoclausale et l’autre biclausale. L’idée est donc de comprendre (i) si ces différents degrés de complexité syntaxiques se reflètent à un quelconque niveau dans l’interprétation de ces constructions causatives, et (ii) si elles diffèrent d’une langue à l’autre, puisque les constructions diffèrent également. Afin de comprendre la relation entre morphosyntaxe et représentation(s) conceptuelle(s), je présente les trois expériences que j’ai menées visant à tester la correspondance entre la structure syntaxique et l'interprétation. Ces expériences montrent que la morphosyntaxe n'est pas le facteur principal dans l'interprétation de ces constructions causatives ; au contraire, d'autres facteurs, tels que la notion d'autorité ainsi que le concept causal de prévention, semblent être plus pertinents pour le choix d'une lecture plutôt qu'une autre. Enfin, je montre, grâce aux modèles causaux, que bien que ces relations soient exprimées au travers de constructions causatives, elles sont en réalité la représentation de propriétés non-réalisés plutôt que l’expression d’une quelconque relation causale.