Thèse soutenue

Sectes et ascètes indiens dans la littérature indo-persane : doxographie, hagiographie et ethnographie entre les périodes moghole et coloniale (XVIe-XIXe siècles)

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Auteur / Autrice : Jean Arzoumanov
Direction : Fabrizio SpezialeNalini Balbir
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Langues, civilisations et sociétés orientales
Date : Soutenance le 03/12/2021
Etablissement(s) : Paris 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences du langage (Paris ; 2019-2025)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Groupe de recherches en études indiennes. Paris
Jury : Président / Présidente : Eva Orthmann
Examinateurs / Examinatrices : Fabrizio Speziale, Nalini Balbir, Eva Orthmann, Thibaut d' Hubert, Carl W. Ernst, Nicolas Dejenne
Rapporteurs / Rapporteuses : Eva Orthmann, Thibaut d' Hubert

Résumé

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La thèse étudie l’histoire des descriptions en persan sur les sectes et les ascètes indiens entre les XVIe et XIXe siècles. Resituant cet objet dans le temps long de la tradition culturelle indo-persane entre les périodes moghole et coloniale, elle se concentre sur un corpus de textes, pour la plupart manuscrits, produits en Inde du Nord. De la fin du XVIe siècle jusqu’au XVIIe siècle, ces descriptions se renouvellent grâce à des études détaillées, qui s’éloignent des traditions doxographiques arabe et persane. À partir de la fin du XVIIe siècle, une nouvelle génération de munšī (secrétaires) hindous persanophones accélère le processus d’indianisation de la culture indo-persane et transforme la manière dont les ascètes et les sectes sont décrits, en particulier à travers le développement d’une littérature hagiographique en persan ayant pour sujet les saints du mouvement dévotionnel de la bhakti. La tradition littéraire indo-persane précoloniale et ses acteurs, les munšī, ne s’effacent pas avec l’établissement du pouvoir britannique en Inde du Nord. Les textes indo-persans composés dans la première moitié du XIXe siècle transforment les formes d’écriture en Inde et contribuent aux connaissances orientalistes sur les religions de l’Inde. Ces textes témoignent de la convergence entre les savoirs précoloniaux et coloniaux. Les descriptions ethnographiques rédigées en persan à la demande des fonctionnaires coloniaux britanniques présentent de manière exhaustive les doctrines, les pratiques et l’apparence des nombreux groupes sectaires indiens afin de permettre une reconnaissance plus aisée de l’affiliation sectaire des ascètes.