Les non-lecteurs à l'épreuve de l'enseignement de la littérature : enquête sur la non-lecture scolaire dans une classe de 2de

par Maïté Eugène

Thèse de doctorat en LITTERATURES FRANCAISES, COMPAREES spécialité Littérature française

Sous la direction de Brigitte Louichon.

Le président du jury était François Le Goff.

Le jury était composé de Stéphane Bonnéry, Patricia Richard-Principalli.

Les rapporteurs étaient Marie-France Bishop, Jean-Louis Dufays.


  • Résumé

    Cette thèse s'intéresse à la non-lecture scolaire et en particulier aux lycéens non-lecteurs, c'est-à-dire aux lycéens qui se dérobent à l'obligation scolaire de lire les œuvres sur lesquelles ils travaillent en cours de français. Phénomène assez peu documenté, quand bien même la sociologie et la didactique se sont intéressés aux non-lecteurs, il interroge les frontières entre lecture et non-lecture et les pratiques d’enseignement de la littérature. L’enjeu de mon travail est d’éclairer ce phénomène par une enquête de terrain. Ayant suivi, durant une année scolaire, une classe de 2de d’un lycée général et technologique, j’ai cherché à décrire et comprendre les pratiques de non-lecteurs scolaires (NLS). Partant de la définition de la non-lecture comme activité, telle qu'elle a été construite par P. Bayard dans son ouvrage Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ? (2007), j’ai collecté les déclarations des élèves (questionnaires et entretiens), leurs productions scolaires (orales et écrites) et filmé les séances d’enseignement de littérature. Classer les élèves en lecteurs scolaires ou en non-lecteurs scolaires pose des problèmes théoriques et méthodologiques de taille. Une fois l’outil de classement élaboré, mon travail révèle que la non-lecture scolaire n’est pas un phénomène marginal dans cette classe de 2de. Cependant, être NLS n’est pas un statut tant sont multiples les pratiques de (non-)lecture scolaire. De même, les NLS apparaissent dans leur grande variété. Rarement inactifs et improductifs, les NLS déploient des stratégies multiples et parfois efficaces pour pallier leur non-lecture, aussi bien en amont que durant les séances de cours consacrées à l'œuvre qu'ils n'ont pas lue. Ces stratégies peuvent être mises en regard des pratiques d’enseignement de la littérature. Le travail de compréhension mené en classe sur les œuvres apparait déterminant pour comprendre les pratiques des NLS. L’analyse des productions des NLS (orales et écrites) montre qu’il est possible pour un NLS de tisser un lien particulier avec le livre fantôme (Bayard, 2007), par la médiation de l’enseignement de la littérature. Certains NLS semblent même davantage impliqués en cours de littérature que certains lecteurs scolaires. Ce constat ne concerne cependant pas tous les NLS et mon travail aboutit à une typologie des NLS qui distingue les NLS convertis, les NLS perplexes et les NLS réfractaires. Cette typologie, dynamique, espère ouvrir des voies à l’enseignement de la littérature en soulignant que celui-ci peut affecter même des NLS.

  • Titre traduit

    Non-readers in literature course : investigation about school non-reading in high school


  • Résumé

    This thesis is about school non-reading, more specifically about senior high school nonreaders, that is to say high school students who shirk their school duty to read the books they work on in the French class. Even if sociology and the science of education have taken an interest in non-readers there is rather little material about this phenomenon which questions the boundaries between reading and non-reading and the practices of teaching literature. The aim of my work is to shed light on this phenomenon with a field survey. After following a class of Year 11 students in a general and technological high school for a year, I sought to describe and understand the practices of school non-readers (SNR). Starting from the definition of nonreading as an activity - as it was developed by P.Bayard in his work “How to talk about books you haven't read” (2007) - I collected the students statements in questionnaires and interviews, their - oral and written - school productions and I filmed literature classes. Classifying the students as school readers or school non-readers raises major theoretical and methodological issues. Once the classifying tool elaborated, my work reveals that non-reading is not a marginal phenomenon in this Year 11 class. However, being a SNR is hardly a status considering how diverse the practices of school non-reading are. There is also a great variety of SNR. Being rarely inactive and unproductive the SNR develop multiple strategies – sometimes efficient ones – to overcome their non-reading, be it before or during the classes dedicated to the works they have not read. These strategies can be confronted to the practices of teaching literature. The task of understanding the works that is led in class appears of the utmost importance to understand the practices of the SNR. Analyzing the – oral and written – productions of the SNR shows that it is possible for a SNR to create a personal link with the ghost book (Bayard, 2007) via the medium of teaching literature. Some SNR even seem to be more involved in the literature class than some school readers. Nevertheless, this state of facts does not concern all the SNR and my work leads to a typology of SNR which distinguishes the converted SNR, the puzzled SNR and the resistant SNR. Hopefully this typology - which is dynamic - will pave new ways to teaching literature highlighting that it can impact some SNR too.

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