L’enseignement dans les prisons françaises au XIXème siècle : réformer, amender, instruire, éduquer, former ?
| Auteur / Autrice : | Roger Lepetz |
| Direction : | Jean-Pierre Alline, Sylvie Humbert |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Histoire du droit et des institutions |
| Date : | Soutenance le 18/12/2020 |
| Etablissement(s) : | Pau |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale sciences sociales et humanités (Pau, Pyrénées Atlantiques) |
| DOI : | 10.70675/bb02aed3z6e6dz4739zbbcbz8b953ca8593e |
Mots clés
Résumé
À la Révolution, l’enfermement devient la peine principale. Réformateurs et philanthropes s’accordent à reconnaître que la prison, lieu de punition doit être aussi lieu de réformation du condamné, à tout le moins, le lieu de son amendement. Les moyens pour y parvenir sont le travail et l’éducation. Aujourd’hui, l’accès à l’éducation en prison est, en France, un droit reconnu pour les détenus. La présente recherche interroge plus particulièrement l’histoire de l’enseignement dans les prisons françaises au XIXe siècle. Après une présentation de l’état de la législation de l’enseignement au début des années 2000, l’étude comporte deux grandes parties qui suivent l’histoire de la prison. « Chaque maison de pénitence doit être une école ». La première partie de l’étude va de 1815 à 1850. Elle concerne plus spécifiquement l’instruction primaire des jeunes détenus mineurs. Pour eux, la prison et sa promiscuité sont plutôt l’école du vice et du crime. La première priorité est de séparer les enfants des adultes en affectant les enfants dans des lieux d’enfermement qui leur soient réservés. En France, des enfants sont transférés dans des colonies agricoles pénitentiaires ou enfermés dans la forteresse de La petite Roquette à Paris. En Angleterre, des enfants de moins de quatorze ans sont transportés jusqu’en Australie. Malgré leur qualification de « maisons d’éducation », le temps consacré dans ces lieux à l’instruction des enfants y est très limité. Dans les prisons d’adultes, le législateur rend obligatoire l’instruction primaire des adultes illettrés. Mais les circulaires ministérielles ne trouvent pas une application immédiate. La seconde partie de l’étude s’étend du Second Empire à la fin de la Troisième République. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’accélération du développement industriel et technologique implique un besoin de personnel qualifié et instruit. L’instruction primaire de la population devient une priorité jusqu’au cœur des prisons d’adultes. S’appuyant sur les statistiques des prisons que publie annuellement l’administration pénitentiaire, l’auteur observe l’évolution de l’enseignement, d’une part dans les prisons départementales, où sont incarcérés prévenus et condamnés à de courtes peines et d’autre part, dans les maisons centrales, prisons réservées aux longues peines. La présente étude de l’enseignement dans les prisons françaises au XIXe siècle ne propose pas qu’une approche historique de l’enseignement en prison. S’appuyant sur une expérience personnelle de la prison et de la poursuite d’études en prison, l’auteur veut ouvrir un champ de réflexion sur la portée sociale de l’enseignement en prison dans une refonte de l’ordre pénitentiaire qui ne doit pas rester la préoccupation des seuls spécialistes de la prison.