A teoria da ação na filosofia espanhola do século de ouro : Juan Luis Vives e Francisco de Vitoria

par Jeferson Da Costa Valadares

Thèse de doctorat en Philosophie

  • Titre traduit

    La théorie de l’action dans la philosophie espagnole du siècle d’or : Juan Luis Vives et Francisco de Vitoria


  • Résumé

    L’étude de la philosophie espagnole est traditionnellement négligée par les traditions universitaires et historiographiques européennes. Il s’agit pourtant, loin de toute polémique, d’une tradition philosophique qui existe bel et bien et qui a fait de riches apports à la philosophie européenne classique. La pensée philosophique développé au xvie siècle en Espagne, c’est-à-dire, pendant la Renaissance, est particulièrement riche et féconde. Parmi les divers sujets qui y sont abordés, j’envisage d’analyser dans ma thèse une question qui occupe particulièrement les esprits à ce moment-là, à savoir la philosophie de l’action telle que la développent avec une réelle originalité deux auteurs majeurs de la Renaissance Espagnole : le philosophe et humaniste valencien Juan Luis Vives (1492-1540) et le théologien et juriste Francisco de Vitoria (1486-1546). Considérés l’un et l’autre comme les représentants de l’humanisme chrétien et de la seconde scolastique, leur pensée a été jusqu’ici abordée dans ce cadre, et selon des axes d’approche bien définis et, en quelque sorte, réducteurs : la pédagogie et la rhétorique pour le premier, le droit pour le second. Notre parti pris est d’interroger leur œuvre depuis une perspective originale, à savoir la pensée de l’action humaine, et d’interroger en même temps le dialogue ou les résonances entre ces deux penseurs a priori opposés par les traditions universitaires mais dont nous pensons qu’ils ne le sont pas tant que cela. Dans le De Disciplinis (1531), puis dans le De anima et vita (1538), Vives construit de manière systématique une théorie de la nature humaine de l’intérieur de la tradition aristotélico-thomiste. Dans ce cadre, Vives considère que l’action humaine a comme fondement l’enquête de la connaissance de soi-même au sens socratique du terme. C’est la raison, grosso modo, qui fait l’homme un être libre dans le monde mais, et c’est en cela que réside son apport majeur à l’anthropologie philosophique de l’époque, il s’attache à intégrer à cette pensée de l’homme et de la détermination de l’action les passions de l’âme, qui jouent un rôle central dans sa psychologie et son anthropologie philosophique. Dans ces mêmes années, et au sein de la même tradition théologique et philosophique, Vitoria s’attache dans son De actibus humanis à construire une théorie de l’action humaine. Par son commentaire de la Somme théologique de Thomas d’Aquin, Vitoria pense l’action humaine dans le contexte de la découverte du Nouveau Monde et avec la volonté de respecter et de ne pas négliger la complexité de la nature humaine. Sa pensée parvient ainsi à renouveler l’anthropologie ’un point de vue théologique par l’enrichissement que constitue l’apport de la tradition humaniste dans laquelle Vitoria a lui aussi été formé. Je m’attacherai à déterminer comment ces deux philosophes, chacun depuis la tradition qui est la sienne, affichent une volonté commune de renouveler la pensée anthropologique par une meilleure prise en considération du corps et de la complexité humaine pour mieux assurer l’action humaine. C’est là une question de la plus haute importance dans le contexte de la rupture de l’Eglise entraînée par la Réforme et du débat sur la question de la justification de l’homme. La question de l’action humaine et ses adjacents (volonté, responsabilité) est donc au cœur de l’image que la philosophie de l’époque se fait de l’homme, de sa place dans le monde et de son rapport à Dieu à un moment de profonde remise en question. Mon ambition est donc de réintégrer la philosophie de l’action développé par les philosophes espagnols dans la tradition de l’histoire des idées qui prépare la modernité sur les plans moral, juridique, psychologique et anthropologique.

  • Titre traduit

    The theory of action in the Spanish philosophy of the Golden Age : Juan Luis Vives and Francisco de Vitoria


  • Résumé

    The study of Spanish philosophy is traditionally neglected by academic and historiographical European traditions. It is, however, far from any controversy, a philosophical tradition that exists and has made rich contributions to classical European philosophy. The philosophical thought developed in the sixteenth century in Spain, during the Renaissance, is particularly rich and fruitful. Among the various topics that are addressed, I plan to analyze a question that particularly occupies the minds at that time, namely the philosophy of action that treats with originality two major authors of the Spanish Renaissance: Valencian philosopher and humanist Juan Luis Vives (1492-1540) and theologian and jurist Francisco de Vitoria (1486-1546). Considered both as representatives from Christian humanism and second scholasticism, their thought has so far been addressed in this context, and according to well-defined and narrow lines of approach: pedagogy and rhetoric for the first, law for the second. Our approach is to question their work from an original perspective (the thought of human action) and to question at the same time the dialogue or resonances between these two thinkers a priori opposed by academic traditions. In De Disciplinis (1531), then in De anima et vita (1538), Vives systematically creates a theory of human nature from the Aristotelian-Thomist tradition. In this context, Vives considers that human action is based on the investigation of self-knowledge in the Socratic sense of the term. This is the reason, generally speaking, that makes the man a free being in the world but, and this is where his major contribution to the philosophical anthropology of the time lies, he strives to integrate this thought of the man and the determination of action of the soul’s passion that play a central role in his psychology and philosophical anthropology. In these same years, and within the same theological and philosophical tradition, Vitoria in De Beatitudine and in De actibus humanis creates a theory of human action. Through his commentary on Thomas Aquinas's Summa Theologiae, Vitoria thinks of human action in the context of the discovery of the New World and in the will to respect and not to neglect the complexity of human nature. This thought thus manages to renew the anthropology from a theological point of view by enriching the humanist tradition contribution in which Vitoria was also formed. I will try to determine how these two philosophers show a common desire to renew the anthropological thought to a better consideration of the human body and complexity to better ensure human action. This is a matter of utmost importance in the context of the Reformation-driven breakdown of the Church and the debate over the question of the man’s justification. My ambition is therefore to reintegrate the philosophy of action developed by Spanish philosophers into the history of ideas tradition that prepares modernity on the moral, legal, psychological and anthropological levels.


  • Résumé

    El estudio de la filosofía española es tradicionalmente descuidado por las tradiciones académicas e historiográficas europeas. Sin embargo, está lejos de cualquier controversia, una tradición filosófica que existe y ha hecho ricas contribuciones a la filosofía clásica europea. El pensamiento filosófico desarrollado en el siglo XVI en España, durante el Renacimiento, es particularmente rico y fructífero. Entre los diversos temas que se abordan, planeo analizar una pregunta que ocupa particularmente las mentes en ese momento, a saber, la filosofía de la acción que trata con originalidad a dos autores principales del Renacimiento español: el filósofo y humanista valenciano Juan Luis Vives (1492- 1540) y el teólogo y jurista Francisco de Vitoria (1486-1546). Considerados tanto como representantes del humanismo cristiano y de la segunda escolástica, su pensamiento hasta ahora ha sido abordado en este contexto, y de acuerdo con líneas de enfoque bien definidas y estrechas: pedagogía y retórica para el primero, derecho para el segundo. Mi enfoque es cuestionar sus trabajos desde una perspectiva original (el pensamiento de la acción humana) y cuestionar al mismo tiempo el diálogo o las resonancias entre estos dos pensadores a priori opuestos por las tradiciones académicas. En De Disciplinis (1531), luego en De anima et vita (1538), Vives crea sistemáticamente una teoría de la naturaleza humana a partir de la tradición aristotélico-tomista. En este contexto, Vives considera que la acción humana se basa en la investigación del autoconocimiento en el sentido socrático del término. Esta es la razón, en general, que hace del hombre un ser libre en el mundo pero, y aquí es donde radica su mayor contribución a la antropología filosófica de la época, se esfuerza por integrar este pensamiento del hombre y la determinación de la acción, de las pasiones del alma que juegan un papel central en su psicología y antropología filosófica. En estos mismos años, y dentro de la misma tradición teológica y filosófica, Vitoria en De Beatitudine y en De actibus humanis crea una teoría de la acción humana. A través de su comentario de la Summa Theologiae de Tomás de Aquino, Vitoria piensa en la acción humana en el contexto del descubrimiento del Nuevo Mundo y en la voluntad de respetar y no descuidar la complejidad de la naturaleza humana. Este pensamiento logra así renovar la antropología desde un punto de vista teológico al enriquecer la contribución de la tradición humanista en la que también se formó Vitoria. Trataré de determinar cómo estos dos filósofos muestran un deseo común de renovar el pensamiento antropológico a una mejor consideración del cuerpo humano y la complejidad para garantizar mejor la acción humana. Este es un asunto de suma importancia en el contexto del colapso de la Iglesia impulsado por la Reforma y el debate sobre la cuestión de la justificación del hombre. Por lo tanto, mi ambición es reintegrar la filosofía de la acción desarrollada por los filósofos españoles en la tradición de la historia de las ideas que prepara la modernidad en los niveles moral, jurídico, psicológico y antropológico.


  • Résumé

    O estudo da filosofia espanhola é tradicionalmente negligenciado pelas tradições acadêmicas e historiográficas europeias. É, no entanto, longe de qualquer controvérsia, uma tradição filosófica que existe e deu ricas contribuições à filosofia clássica europeia. O pensamento filosófico desenvolvido no século XVI na Espanha, durante o Renascimento, é particularmente rico e frutífero. Entre os vários tópicos abordados, pretendo analisar uma questão que ocupa particularmente as mentes da época, a saber, a filosofia da ação que trata com originalidade dois grandes autores do Renascimento espanhol: o filósofo e humanista valenciano Juan Luis Vives (1492- 1540) e o teólogo e jurista Francisco de Vitoria (1486-1546). Considerados como representantes do humanismo cristão e da segunda escolástica, seu pensamento até agora foi abordado neste contexto e de acordo com linhas de abordagem bem definidas e estreitas: pedagogia e retórica para o primeiro, direito para o segundo. Minha abordagem investigativa é analisar seus trabalhos a partir de uma perspectiva original (o pensamento da ação humana) e, ao mesmo tempo, questionar o diálogo ou as ressonâncias entre esses dois pensadores a priori, opostos pelas tradições acadêmicas. No De Disciplinis (1531), depois no De anima et vita (1538), Vives cria uma sistemática teoria da natureza humana a partir da tradição aristotélico-tomista. Nesse contexto, Vives considera que a ação humana se baseia na investigação do autoconhecimento no sentido socrático do termo. Esta é a razão, de um modo geral, que faz do homem um ser livre no mundo, mas, e é aí que reside sua maior contribuição para a antropologia filosófica da época, pois ele se esforça para integrar esse pensamento do homem, a determinação das ações, das paixões da alma que desempenham um papel central em sua psicologia e antropologia filosófica. Nesse mesmo período histórico, e dentro da mesma tradição teológica e filosófica, Vitoria no De Beatitudine e no De actibus humanis cria uma teoria da ação humana. Através de seus comentários à Summa Theologiae de Tomás de Aquino, Vitoria pensa na ação humana no contexto da descoberta do Novo Mundo e na vontade de respeitar e não negligenciar a complexidade da natureza humana. Assim, esse pensamento consegue renovar a antropologia do ponto de vista teológico, enriquecendo a contribuição da tradição humanista na qual também se formou Vitoria. Tentarei determinar como esses dois filósofos mostram um desejo comum de renovar o pensamento antropológico para uma melhor consideração do corpo humano e da sua complexidade, a fim de garantir e fundamentar melhor a ação humana. Esta é uma questão de extrema importância no contexto do colapso da Igreja impulsionado pela reforma e no debate sobre a questão da justificação do homem. Minha ambição é, portanto, reintegrar a filosofia ou teoria da ação desenvolvida pelos filósofos espanhóis na tradição da história das ideias que prepara a modernidade nos níveis moral, jurídico, psicológico e antropológico.

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