Inflammation et risque de cancer du sein dans la cohorte EPIC

par Manon Cairat

Thèse de doctorat en Epidémiologie

Sous la direction de Laure Dossus.

Soutenue le 02-11-2020

à Lyon , dans le cadre de École Doctorale Interdisciplinaire Sciences-Santé. (Villeurbanne) , en partenariat avec Université Claude Bernard (Lyon) (établissement opérateur d'inscription) et de Centre international de recherche sur le cancer (laboratoire) .


  • Résumé

    Le cancer du sein pourrait être favorisé par l’inflammation chronique et par conséquent être prévenu par l’utilisation de médicaments agissant sur l’inflammation. L’objectif de ma thèse était de mieux comprendre le rôle de l’inflammation sur le développement du cancer du sein. J’ai d’abord évalué les associations entre onze biomarqueurs de l’inflammation (cytokines et adipokines) et le risque de cancer du sein chez environ 1600 paires cas-témoin de la cohorte EPIC. Le ratio leptine/adiponectine était associé à une diminution du risque de cancer du sein chez les femmes avant la ménopause alors que des niveaux élevés de TNF-α étaient associés à un risque accru de cancer du sein chez les femmes ménopausées. Ensuite, j’ai évalué les associations entre plusieurs médicaments anti-inflammatoires et antiagrégants plaquettaires et le risque de cancer du sein en utilisant des données auto-rapportées (cohorte EPIC) ou de remboursement de médicaments (cohorte E3N). Globalement, l’utilisation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens n’était pas associée au risque de cancer du sein alors, alors qu’une durée d’utilisation longue d’aspirine, en tant qu’antiagrégant plaquettaire et donc à faible dose (≤325 mg), était associée à une diminution du risque de ce cancer. En revanche, un autre antiagrégant plaquettaire, le clopidogrel, était associé à une augmentation du risque de ce cancer, indépendamment de sa durée d’utilisation. L’utilisation de glucocorticoïdes était associée à une diminution du risque de cancer du sein infiltrants, dépendants aux œstrogènes et de stades 1 et 2 mais à une augmentation du risque de cancer in situ et de stades 3/4. Les résultats de cette thèse suggèrent que l’inflammation joue un rôle mineur dans le développement du cancer du sein. Cependant, elle pourrait être impliquée dans certains sous-groupes, et plus particulièrement chez les femmes ménopausées. Les effets des médicaments antiagrégants plaquettaires/anti-inflammatoires sur le risque de cancer du sein chez les femmes ménopausées semblent complexes et dépendre des sous-types et facteurs de risque de cancer du sein, de la durée d’utilisation ainsi que de l’utilisation d’autres médicaments

  • Titre traduit

    Inflammation and breast cancer risk in the EPIC cohort


  • Résumé

    Chronic inflammation might promote breast cancer development. Therefore, the possibility of stemming tumorigenic inflammatory effects with pharmacological compounds has drawn significant interest. The objective of my doctoral thesis was to better understand the role of inflammation on breast cancer development. First, I evaluated the associations of eleven inflammatory biomarkers (cytokines and adipokines) with breast cancer risk in about 1,600 case-control pairs from the EPIC cohort. The results suggested that a higher leptin-to-adiponectin ratio decreased the risk of peri/premenopausal breast cancer, while high levels of TNF-α increased postmenopausal breast cancer risk. Then, I evaluated the associations of several anti-inflammatory and antiplatelet drugs with breast cancer risk using self-reported (EPIC cohort) and drug reimbursement (E3N cohort) data. Nonsteroidal anti-inflammatory drugs were not associated with breast cancer risk. However, at antiplatelet dosage, a long duration of aspirin use was associated with a decreased risk of breast cancer. Another antiplatelet drug, clopidogrel, was associated with an increased breast cancer risk, regardless the duration of use. Glucocorticoid use was associated with a decreased risk of invasive breast cancer, that seemed restricted to oestrogen-dependant and stage 1 or 2 tumours and was associated with an increased risk of in situ and stage 3/4 breast cancers. The findings of this thesis suggest that inflammation plays a modest role in breast cancer development and that its impact on breast cancer could be limited to certain sub‐populations or certain breast cancer subtypes



Le texte intégral de cette thèse sera accessible librement à partir du 01-05-2022

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