Indigenismo e política indigenista do setor elétrico no Brasil (1978-2016) : representações, governementalidade e consagração

par Vinicius Mesquita Rosenthal

Thèse de doctorat en Anthropologie sociale et ethnologie

Sous la direction de Irène Bellier et de Maria Barroso-Hoffmann.

  • Titre traduit

    Indigénisme et politique indigéniste du secteur électrique au brésil (1978-2016) : représentations, gouvernementalité et consécration


  • Résumé

    La thèse analyse le secteur électrique au Brésil, en prenant pour objet l'indigénisme en tant qu’ensemble d’idéaux concernant la place des peuples autochtones dans la nation, ainsi que les politiques indigénistes, soit, les actes effectifs concernant les peuples autochtones. Pour cela, elle reconstruit la genèse de l'entrée de l'indigénisme dans ce secteur économique, examine le cadre institutionnel et juridique des contraintes économiques, sociales et environnementales et se penche sur les motivations de différents acteurs et le rôle des courtiers interéthniques. Cette approche repose sur une enquête, conduite depuis l’intérieur d’un appareil d’État de soutien au planning énergétique, sur la production de documents qui mettent en perspective les visions de ce secteur et celles des indigénistes. Au Brésil, l’histoire nous conduit des études pionnières d'anthropologues universitaires qui répondent à la demande du secteur de l'électricité, tout en manifestant un engagement pro-indien, jusqu’aux réglementations contemporaines de leur activité, lorsqu’ils sont directement engagés par l’entreprise, comme free-lanceurs. La thèse éclaire les faisceaux de relations entre chercheurs, appareil indigéniste et industrie. L'analyse du programme Waimiri-Atroari (PWA), un cas emblématique de la problématique, conduit à interroger la manière dont les courants de l'indigénisme (missionnaire, universitaire et militaire rondonien) considèrent les peuples autochtones et prennent position vis à vis des industries. La thèse montre comment, sous la pression des acteurs nationaux et internationaux, une grande entreprise du secteur électrique va recourir à la connaissance coloniale dans la tradition sertanista pour mettre en oeuvre des politiques de santé, d’éducation, d’économie et de protection du territoire. Au cœur de ces politiques qui se développent sur un même territoire, depuis 1987, on assiste à un processus de consécration du PWA en s’appuyant sur la métaphore religieuse de la « renaissance » de ce peuple, mise au crédit du secteur eléctrique. Cela conduit à soulever, tant du côté des anthropologues que des missionnaires, une série de questionnements sur la tutelle de l’entreprise qui dépolitise ce peuple et contrôle son territoire et son destin. Ainsi, en partant de l’hypothèse de l’hétérogénéité des indigénismes et des politiques du secteur électrique, la thèse parvient à la conclusion que ce secteur économique est devenu un espace de dispute du champ indigéniste.


  • Résumé

    This thesis analyzes the electricity sector in Brazil, taking as its object indigenism as a set of ideals concerning the place of indigenous peoples in the nation, as well as indigenous policies, that is, real acts concerning indigenous peoples. With that objective, the thesis traces the genealogy of indigenism in the power sector, examines the institutional and legal frameworks of economic, social, and environmental constraints, and investigates the motivations of different actors and the role of inter-ethnic brokers. The thesis analyses the production of documents which put into perspective the conceptions of the sector and those of the indigenists. The research was conducted from inside a state apparatus supporting energy planning. In Brazil, history leads us from the pioneering studies conducted by university anthropologists, who met the demand of the electricity sector while keeping a pro-indigenous commitment, to the contemporary regulations of the anthropologists’ activities in this sector, when they are directly hired by the companies, usually as freelancers. The thesis sheds light on the network of interelations between researchers, the indigenous apparatus, and the industry. The analysis of the Waimiri-Atroari program (PWA) is an emblematic example of the kind of problem approached in this thesis. This case study puts into question how different indigenism currents (Rondon-inspired military, missionary, and academic) understand indigenous peoples and take a stance vis-à-vis hydropower plants. The thesis shows how, under the pressure of national and international actors, a large company in the electrical sector resorted to colonial knowledge in the sertanista tradition to implement policies of health, education, economic production, and protection of the territory. At the heart of these policies, which have been developing in the same territory since 1987, we can identify a process of consecration of the PWA, based on the religious metaphor of the "rebirth" of the Waimiri Atroari people, thank to the electrical sector. At the same time, this iniciative leads both anthropologists and missionaries to raise a series of questions about the tutelage of the company which depoliticizes this indigenous people and controls their territory and their destiny. Thus, starting from the hypothesis of the heterogeneity of indigenisms and indigenists policies of the electricity sector, the thesis comes to the conclusion that this economic sector has become another space of contestation for the indigenist field.


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