La « France de l’hémisphère sud » : transférer un modèle viti-vinicole européen en Australie au XIXe siècle

par Mikaël Pierre

Thèse de doctorat en Histoire moderne et contemporaine

Sous la direction de Corinne Marache et de Julie McIntyre.

Le président du jury était Bruno Marnot.

Le jury était composé de Corinne Marache, Julie McIntyre, Bruno Marnot, Roderick Phillips, Olivier Jacquet, John Germov, Jacqueline Dutton.

Les rapporteurs étaient Bruno Marnot.


  • Résumé

    Le développement de la viticulture en Australie au XIXe siècle découlait du transfert de modèles européens pour diffuser la production et la consommation de vin dans les sociétés coloniales. Parmi ces modèles, la France se révéla progressivement comme un choix à part, du fait de la réputation de ses vins et de l’influence de ses pratiques culturelles dans le monde britannique. Cette thèse cherche à analyser les transferts de cépages, compétences, technologies et experts de différentes régions françaises vers les colonies australiennes de Nouvelle-Galles du Sud, Victoria et Australie-Méridionale. Ces trois colonies regroupaient alors les principales régions viticoles des antipodes et les traces les plus évidentes d’une présence française. Cette circulation de savoir reposait essentiellement sur les initiatives de colons britanniques aisés dont le but était de développer économiquement et culturellement les colonies. Ce processus illustre l’importance des phénomènes interculturels et transnationaux qui participèrent au façonnement d’une industrie vinicole mondiale au XIXe siècle. Il permet également de révéler la manière dont l’Australie s’appropria ces transferts viti-vinicoles français pour les adapter à son environnement naturel, économique, politique et socio-culturel. Cette thèse, située à l’intersection de l’histoire du vin et de l’histoire transnationale, tente d’apporter une nouvelle perspective sur les effets de la première mondialisation qui facilita la circulation de connaissances, technologies et modèles de production de l’Europe vers les Nouveaux Mondes. Il s’agit de souligner l’importance des échanges interpersonnels et interinstitutionnels à travers les frontières impériales et nationales pour développer agriculture, commerce et savoir scientifique. Ce sujet se propose aussi de questionner la réflexivité des transferts franco-australiens à la façon d’une histoire croisée. C’est dans ce but que ce projet de recherche a été réalisé en France et en Australie, dans une perspective transnationale de croisement des regards entre les mondes francophone et anglophone.

  • Titre traduit

    “France of the southern hemisphere” : transferring a European wine model to colonial Australia


  • Résumé

    The development of viticulture in Australia in the nineteenth century mostly drew on European models to spread both wine production and consumption in the colonial societies during the nineteenth century. Among these models, France gradually appeared as a specific choice due to the reputation of its wines and its cultural practices in the British world. This thesis intends to analyse the transfers of skills, technologies, vine grapes and experts from various French regions to the Australian colonies of New South Wales, Victoria and South Australia. These three colonies collectively represented the most productive wine district during the nineteenth century and the most evident marks of a French influence. This circulation of knowledge mostly relied on wealthy British colonists’ initiatives in order to develop economically and culturally the colonies. This thesis presents new evidence of the importance of the cross-cultural and transnational aspects which shaped the world wine industry in the nineteenth century. It also shows how Australia instigated these transfers of French practices and ideas and reshaped them to fit its natural, economic, political and socio-cultural environment. Overall, this thesis, situated at the intersection of wine history and transnational history, gives a new insight on the effects of the first wave of globalization which facilitated the circulation of knowledge, technologies and production models from Europe to the New World. It highlights the importance of interpersonal and interinstitutional exchanges occurring across national boundaries in the development of agricultural production, commodity trade and scientific knowledge. It also questions Franco-Australian transfers as a reflexivity process peculiar to histoire croisée. As such, this research project has been conducted both in Australia and in France as a transnational investigation mixing perspectives from the English-speaking world and the French-speaking world.


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