Retour en formation et parcours d'études atypiques : déterminants et valorisation sur le marché du travail

par Ines Albandea

Thèse de doctorat en Économie

Sous la direction de Jean-François Giret et de Gérard Lassibille.

Le président du jury était Alain Fernex.

Le jury était composé de Jean-François Giret, Gérard Lassibille, Jérôme Gautié, Mareva Sabatier, Pierre-Yves Bernard.

Les rapporteurs étaient Jérôme Gautié, Mareva Sabatier.


  • Résumé

    La formation tout au long de la vie apparaît comme un enjeu important de nos sociétés. Après une première sortie du système éducatif, elle peut se caractériser par des retours en études ou par l’accès à la formation continue. Les parcours d’études semblent de moins en moins linéaires en France, les jeunes étant encouragés à profiter de ces interruptions pour diversifier leurs expériences. Ils sont ensuite, tout au long de leur carrière, incités à se former pour avoir "la liberté de choisir leur avenir professionnel" comme le propose une récente loi. Face à ces constats, l’objet de cette thèse est d’identifier les déterminants de ces retours en formation, et d’étudier leur valorisation sur le marché du travail. La thèse est constituée d’un chapitre préliminaire puis de trois chapitres portant chacun sur des données différentes.Le chapitre préliminaire, à partir d’une revue de la littérature, s’interroge sur les ressorts de la reprise d’études ou de l’accès à la formation, ainsi que sur les conditions théoriques de leur valorisation sur le marché du travail. Les analyses du premier chapitre empirique s’appuient sur l’enquête Génération 98 du Céreq qui interroge des sortants de formation initiale suivis pendant 10 ans. La connaissance longitudinale de leur parcours scolaire et professionnel permet d’évaluer l’effet des parcours d’études non linéaires sur le salaire de jeunes diplômés, à partir de la méthode des variables instrumentales. Ces derniers, bien qu’ayant un profil scolaire et social plus élevé que la moyenne et parfois mieux dotés en compétences sociales, perçoivent un salaire inférieur aux autres, toutes choses égales par ailleurs. Ce qui paraît cohérent avec l’hypothèse d’un signal négatif envoyé aux employeurs.Ces résultats nous ont conduit dans un deuxième chapitre à approfondir la question de la valorisation des parcours d’études atypiques sur le marché du travail. À partir de la méthode des vignettes, nous avons interrogé des recruteurs afin de mieux connaître leur perception sur ces parcours. Plus de mille CV fictifs ont été évalués par des recruteurs (en fonction de la probabilité qu’ils proposent un entretien d’embauche). Il ressort de nos analyses économétriques que le fait de ne pas préciser l’expérience vécue lors des interruptions temporaires d’études semble pénalisant, ceteris paribus. Face à un manque d’information, les recruteurs ne prendraient probablement pas le risque d’embaucher un candidat ayant connu une période d’inactivité ou de chômage. Mais ce fort effet de signal ne s’observe pas lorsque les candidats précisent qu’ils ont interrompu leurs études pour voyager à l’étranger ou pour effectuer un service civique.Le troisième chapitre cherche à mieux comprendre les déterminants d’un réinvestissement en formation, mais cette fois-ci de la part de salariés en emploi. Nous utilisons les données de l’enquête Defis du Céreq qui sont issues d’une double interrogation (salariés et entreprises). Nos résultats montrent que très peu de variables contextuelles semblent affecter la probabilité que le salarié déclare souhaiter se former. De même, l’accès à la formation non imposée, bien que davantage influencée par les caractéristiques de l’entreprise semble surtout dépendre de variables individuelles et de caractéristiques de l’emploi et accroît sensiblement les inégalités dans l’accès à la formation. L’utilisation d’une méthode d’estimateur de doubles différences avec appariement, montre que ces formations ne semblent pas valorisées sous forme de salaire.

  • Titre traduit

    Returning to school and atypical academic career : Foctors and effect on the labour market


  • Résumé

    Life long learning appears as a major concern for our societies. After leaving the educational system, learning can imply returning to school or continuing education. Academic careers in France seem less and less linear. Young peopleare encouraged to make the most of college breaks in order to diversify their experiences. During their career, they are to be trained to « be free to choose their professional future », as mentions a new law. This thesis, then, aims atidentifying the reasons why people go back to training and at stuying how such returns are seen by the labor market.This work includes a preliminary chapter and three other chapters, each with specific data. Based on a literature review, the preliminary chapter investigates the reasons why people go back to school or choose training. We analyze the theoretical conditions explaining the way such experiences are seen by the labor market. The data of the first chapter are from the Céreq “Génération 98” survey, which tracks formal education leavers during tenyears. Such a longitudinal survey enables the study of the impact of non-linear pathways on recent graduates salaries, thanks to the instrumental variables method. Recent graduates with post-secondary education interruption receive alower salary than their peers, ceteris paribus – even with high social and academic profile and good relational skills. This seems to confirm the hypothesis of a negative signal to the employers.The results of the first chapter lead us into the second part where we investigate the promotion of atypical academic careers by the labor market. We surveyed recruitment consultants with the factorial survey method in order to understand how they perceive such careers. More than a thousand CVs were evaluated by the consultants according to the probability of them giving a job interview. Our econometric analysis shows that the absence of details about temporary education interruption seem detrimental, ceteris paribus. Facing the lack of information, recruitment consultants would not take the risk of hiring a candidate who has been non-working. Although, this large signal effect does not apply if the candidate mentions a trip abroad or a “service civique” during the academic career.In the third part we try to understand what determines a reinvestment in training – but only for working employees. We use the “Defis” survey lead by the Céreq. The data are from employees and companies questionnaires. Our results show that very few variables seem to impact the chance for an employee to seek training. Likewise, accessing to optional training seems to rely on individual motives and on job characteristics – even though company features do matter. This fact increases the inequality in training accessibility. Using a DID matching method shows that this type of training doesn’t seem to increase salaries.


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Informations

  • Sous le titre : Retour en formation et parcours d'études atypiques : déterminants et valorisation sur le marché du travail
  • Détails : 1 vol. (330 p.)
  • Annexes : Bibliographie p. 299-322
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