Le statut paradoxal du rêve dans la philosophie de Gilles Deleuze

par Laïla Mernissi

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Pierre Montebello et de Aline Wiame.

Le président du jury était David Lapoujade.

Le jury était composé de Pierre Montebello, Aline Wiame, Didier Debaise.

Les rapporteurs étaient David Lapoujade, Didier Debaise.


  • Résumé

    Le rêve ne semble pas jouer un rôle décisif au sein de la philosophie deleuzienne. Il nous a paru, toutefois, intéressant d’emprunter les voies multiples qu’il trace, de tendre l’oreille à la polyphonie des voix qui émanent des différents problèmes au sein desquels il insiste, et ce, pour diverses raisons. Il s’agira, d’abord, de conjurer une illusion, un lieu commun concernant la pensée deleuzienne, selon lesquels elle frôlerait une sorte de délire, qu’elle n’aurait cessé, en fin de compte, de rêver et de faire l’éloge de la déraison. Elle n’a pourtant jamais cessé de définir la philosophie, avec une rigueur des plus strictes, comme « entreprise de démystification », à l’instar de Lucrèce, Spinoza et Nietzsche. Il n’en demeure pas moins que le rêve joue un rôle effectif, mais ce n’est pas le rôle qu’on croit. Nous défendons un onirisme supérieur de Deleuze, qui donne au rêve une consistance originale, un statut paradoxal. Il est une entrée pertinente pour évaluer les rapports de la philosophie avec la vérité, la pensée et la vie. La vérité, dans la mesure où celle-ci émerge justement d’un rêve, qu’elle tente de conjurer. La pensée, dans la mesure où, au sein de sa confrontation avec le rêve, elle trouve la source de son exercice. La vie, puisqu’elle ne s’affirme que du moment où le rêve retrouve sa force active, sa capacité à fabuler. De l’illusion fictive de la forme idéaliste du rêve à la puissance fabulatrice du processus onirique cristallin, trois métamorphoses du rêve s’esquissent au sein de la philosophie de Deleuze - fiction des airs, ivresse des profondeurs, cristal de la terre -, pour une justice supérieure.

  • Titre traduit

    The paradoxical statut of the dream in the philosophy of Gilles Deleuze


  • Résumé

    Initialy, the dream is not central to the philosophy of Deleuze. However, it seems interesting to follow the paths that this idea offers, and to listen to the multiple voices arising from the problems related to it, for different reasons. First, our work will debunk a common illusion about Deleuze : the common idea according to which his thought is a delirious and a never-ending praise of folly. Far from this cliché, Deleuze never gave up on defining philosophy with strict rigor, as a « debunking undertaking », this has been explored by Lucretius, Spinoza and Nietzsche before him. Although, the dream plays a major role in his philosophy, but it is not the role we commonly think it plays. We would like to defend the idea of a superior onirism of Deleuze, that helps giving an original consistency and a paradoxical status to the dream itself. Then the dream becomes a relevant starting point for an assessment of the relationship between truth, thought and life. From the fictional illusion of an idealist shape of the dream to the imaginative power of the onirical process, we can find three metamorphosis of the dream in the philosophy of Deleuze, to the service of a superior justice : a fiction of the airs, an exaltation of the depths, a cristal of the earth.


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