Des géométries étatsuniennes à partir de l'étude de l'American Mathematical Society : 1888-1920

par Samson Duran

Thèse de doctorat en Histoire des sciences et des techniques

Sous la direction de Hélène Gispert.


  • Résumé

    En 1888, trois étudiants créent une société mathématique à New York. Six années plus tard, cette société devient nationale et est renommée l’American Mathematical Society (AMS). En 1920, elle regroupe des centaines de membres, publie de nombreux articles et recensions et organise régulièrement des réunions mathématiques dans le pays. Cette thèse propose une histoire sociale de la Géométrie à partir de l’étude des publications parues dans les journaux de l’AMS jusqu’en 1920. Elle a pour objet de répondre à deux problématiques principales : comment s’organisent et se distribuent les activités de Géométrie en lien avec la Société et quels transferts de connaissances géométriques sont mis en place depuis ou vers les États-Unis d’Amérique ? Après avoir déterminé ce que la catégorie de Géométrie signifiait pour les responsables de plusieurs répertoires de classements mathématiques, j’analyserai les formations reçues et les enseignements donnés par des membres de l’AMS, les recensions publiées dans son Bulletin et les rencontres mathématiques tenues en son cadre. Les descriptions des activités géométriques portées par l’AMS, ainsi que du contexte dans lesquelles elles s’inscrivent, permettront alors d’établir une cartographie de la Géométrie. Nous verrons qu’elle se caractérise de plusieurs façons, tant d’un point de vue disciplinaire que sociologique. Je propose aussi de déterminer les personnes dominantes pour la Géométrie, dans le cadre de la Société. Plus précisément, il s’agira de comprendre qui détient le plus de pouvoir, scientifique et institutionnel, selon les différentes formes qu’il peut prendre à l’AMS. Parmi les acteurs ainsi mis en lumière, trois d’entre eux (V. Snyder, L. P. Eisenhart et E. J. Wilczynski) feront l’objet d’études spécifiques. Cela permettra de traiter à l’échelle individuelle les deux problématiques jusqu’alors envisagées à l’échelle d’une institution. Pour les deux premiers cas, nous nous demanderons quels résultats mathématiques non étatsuniens sont réutilisés dans leurs travaux, tandis que le troisième cas nous permettra de comprendre comment ses recherches sont diffusées à l’étranger.

  • Titre traduit

    US American geometries from the study of the American Mathematical Society : 1888-1920


  • Résumé

    In 1888, three students created a mathematical society in New York City. Six years later, this society became national and took the name of the American Mathematical Society (AMS). In 1920, it counted thousands of members, published many articles and reviews, and organized mathematical meetings on a regular basis all over the country. Based on the study of publications from the AMS journals until 1920, this dissertation aims at retracing a social history of Geometry, by answering two main questions: how were geometrical activities related to the AMS organized and distributed and how was geometrical knowledge transferred from or to the USA? After determining what the category of Geometry meant for the editors of various catalogues of mathematical publications, I will analyze the lessons given and received by some members of the AMS, the reviews published in its Bulletin and the mathematical meetings held by the society. The descriptions of the geometrical activities organized by the AMS, as well as the context in which they took place, will thus help us draw a cartography of Geometry. We will see that it can be defined in several ways from both an academic and a sociological perspective. I will also identify the dominant people in Geometry within the Society. More precisely, we will see who were the power holders, whether this power was scientific or institutional, according to the different forms it could take within the AMS. Among the people thus identified, I will particularly focus on three of them (V. Snyder, L. P. Eisenhart and E. J. Wilczynski). This will allow us to treat the two key questions at an individual scale rather than at the previous institutional one. V. Snyder and L. P. Eisenhart’s cases will provide us with the opportunity of studying what non-American mathematical results were taken into account and used in their works while E. J. Wilczynski’s will allow us to understand how his research was spread abroad.


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