Tuer au combat : réflexions philosophiques sur le dilemme du combattant

par Benoît Olié

Thèse de doctorat en Philosophie pratique

Sous la direction de Corine Pelluchon.

Soutenue le 16-03-2019

à Paris Est , dans le cadre de École doctorale Organisations, marchés, institutions (Créteil ; 2015-....) , en partenariat avec Laboratoire Interdisciplinaire d'étude du Politique Hannah Arendt (Créteil) (laboratoire) et de Laboratoire Interdisciplinaire d'Etude du Politique Hannah Arendt Paris-Est / LIPHA (laboratoire) .

Le président du jury était Beatrice Heuser.

Le jury était composé de Corine Pelluchon, Bernard Wicht, Hervé Drévillon, Olivier Entraygues.

Les rapporteurs étaient Bernard Wicht, Hervé Drévillon.


  • Résumé

    Cette thèse met en perspective le dilemme moral du combattant, entre devoir et interdiction de tuer, du point de vue du soldat et du point de vue du citoyen. Elle conduit à constater que la question morale de l’homicide de guerre est, pour chacun d’eux, une aporie qui remet en cause le caractère sacré de la vie humaine, fondement du référentiel moral occidental. Le dilemme du combattant est un dilemme particulier limité à l’instant du combat. Le combattant y fait face mais les conditions de la guerre (privations, traumatismes, blessures) diminuent sa capacité au raisonnement moral. De plus, dans l’instant du combat, il agit par réflexe. Les conditions du combat entraînent donc une éclipse morale et l’action précède la décision. C’est alors le vétéran qui devra, a posteriori, juger ses actes au regard du dilemme moral. Le dilemme n’empêche pas l’action mais il empêche le jugement des actions passées. Le vétéran fait en réalité face à une aporie sur la valeur de la vie humaine puisqu’il en a détruites certaines au nom même de la valeur sacrée de la vie humaine. Le citoyen ne se sent pas concerné par le dilemme du combattant. Pour lui, les opérations militaires sont déclenchées pour des raisons morales. Pendant la guerre, il préfère ignorer les destructions et les morts. De cette façon, les guerres justes restent des guerres « propres ». Le masque d’acceptabilité morale de la guerre finit par tomber et les dénis du citoyen également. Ce dernier se distancie alors de la guerre et des combattants mais l’inapaisement de sa conscience le renvoie face à ses responsabilités. Il se retrouve face à une aporie proche de celle du vétéran puisqu’elle repose sur le paradoxe de la guerre : détruire des vies humaines pour en préserver d’autres. Ces deux apories montrent que la guerre remet en cause le référentiel moral occidental dans sa considération d’une valeur unique de la vie humaine et qu’il revient aux citoyens, civils comme militaires, d’assumer le niveau d’immoralité qu’ils peuvent accepter dans la défense des valeurs morales

  • Titre traduit

    Killing in combat : philosophical thougths on warrior's dilemma.


  • Résumé

    In this thesis, we study the warrior’s moral dilemma, between the moral interdiction of killing human beings and the moral duty to kill the enemy, from the perspective of the soldier and the perspective of the citizen. For both of them, the issue of killing in war is an aporia than questions the sacredness of human life, which stands as the foundation of the western set of moral values. The warrior’s dilemma is very specific and limited to single moments, the ones of combat actions. The warrior faces the dilemma at those specific times but war life conditions (deprivations, traumas, wounds) impede their capability of moral reasoning. Besides, during combat action, the warrior acts reflexively. Combat conditions therefore result in a moral eclipse and the action of killing precedes the decision to do so. The veteran must then judge their own act in a post-action dilemma. The warrior’s dilemma does not prevent action but the moral evaluation of past war acts. The veteran is actually facing an aporia on human life’s value because they destroyed some to save others, in the name of the sacred value of all human lives. The warrior’s dilemma does not regard the citizens. The latter believe that military operations are decided according to moral reasons. During the war, they prefer to deny any death and destruction that happen overseas. In that way, just wars remain clean wars. Eventually, the acceptability mask concealing the real conditions of war fades away and denials become impossible. The citizens then isolate themselves from the unethical soldiers but the unease of their consciences brings them back to their responsibilities. They then face an aporia that is close the veteran’s one because based on war’s dilemma: destroying human lives to save others. These two aporias demonstrate that war questions the sacred value of human life and therefore western moral values and that it is the responsibility of the citizens, both civilians and the military, to be accountable for the level of moral unacceptability that they are willing to endure to defend their own moral values


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