Du développement comme extensions des libertés : le cas des Pygmées Ndenga de la République démocratique du Congo

par Jacques Koyanyo Kongatua

Thèse de doctorat en Philosophie pratique

Sous la direction de Corine Pelluchon.

Le président du jury était Patrick Savidan.

Le jury était composé de Corine Pelluchon, Emmanuel Picavet, Ernest-Marie Mbonda, Hélène L'Heuillet, Alain Renaut.

Les rapporteurs étaient Emmanuel Picavet, Ernest-Marie Mbonda.


  • Résumé

    Cette recherche se propose d’étudier les possibilités de concevoir un programme de développement applicable aux situations d’extrême pauvreté telles que celles que connaissent les Ndenga de la République Démocratique du Congo puisque cette dernière, compte tenu de l’obsolescence de ses structures minées par la corruption et la mauvaise gouvernance n’offre pas les mêmes opportunités à ses citoyens de se choisir un modèle de développement. Ainsi, l’extrême pauvreté a gagné de manière systématique l’espace public congolais affectant ainsi la qualité de vie de tous les Congolais, mais davantage la population la plus démunie telle celle des Ndenga. À la suite d’Amartya Sen, nous considérons que la pauvreté n’est pas seulement due au manque de revenu, mais elle est surtout considérée comme l’absence de « capabilités ». C’est-à-dire le manque de libertés réelles pour convertir les biens à disposition en fonctionnements effectifs. Une optique poursuivie aussi par A. Sen, Thomas Pogge, Martha Nusbaum et A. RenautÀ partir de ce constat, notre première tâche constituera à justifier, si parmi les théories contemporaines de justice, notamment celles qui sont conçues comme appliquées au développement, s’en trouvent qui soient susceptibles d’être appliqué plus spécialement dans un contexte d’extrême pauvreté, comme celui du cas évoqué, en vue de proposer sur ce point un programme de développement acceptable. Puisque jusqu’à ce jour, le programme de développement mis en place en République démocratique du Congo a montré, dans la façon dont il a été compris (ou incompris, ou encore trahi au Congo), ses limites en créant des conditions d’injustice. Dans le deuxième moment, nous nous sommes appuyés sur le constat d’échec des théories de justice traditionnelle inadaptée aux situations d’extrême pauvreté pour proposer une démarche en nous engageant dans une philosophie politique appliquée partant des indicateurs de l’extrême pauvreté ou des indicateurs du développement humain au Congo plus spécialement chez les pygmées Ndenga et essayer d’élaborer, à partir de là, de nouveaux référentiels normatifs pour dégager les priorités qu’il serait juste de mettre en avant dans un processus de remédiation à ces injustices qui s’expriment en termes d’extrême pauvreté.Au-delà de la question particulière, soulevée par le sort des Pygmées du Congo, la démarche entreprise a consisté aussi à une contribution à la réflexion sur l’alternative, entre philosophie de principes et philosophie ex datis dans le domaine du développement. Il s’agira aussi de justifier si les théories contemporaines de la justice fondée sur un principe comme celui de l’extension des libertés réelles, et à quelles conditions, ont atteint l’objectif qu’elles se sont fixé elles-mêmes pour la réduction des inégalités entre les individus lorsqu’elles sont confrontées à des situations d’injustice extrême. Dans la troisième et la dernière partie, il est question d’une série de propositions susceptibles de résoudre tant soit peu, l’extrême pauvreté des Ndenga. En clair, la priorité portera essentiellement sur l’homme Ndenga qui devra être porté par les institutions juridiques, politiques, sociales et économiques plus justes pour lui permettre de vivre en fin, selon son choix. L’agenda à mettre en place porte essentiellement sur le processus d’autonomisation des pygmées Ndenga afin qu’ils jouissent de plein droit des toutes les prérogatives reconnues aux citoyens Congolais.

  • Titre traduit

    Developpement as extension of freedoms : the case of the ndenga pygmies of the democratic republic of the congo


  • Résumé

    This research proposes to study the possibilities of designing a development program applicable to extreme poverty situations such as those experienced by the Ndenga of the Democratic Republic of Congo since the latter, given the obsolescence of its structures undermined by corruption and bad governance do not offer the same opportunities for its citizens to choose a development model. Thus, extreme poverty has systematically gained the Congolese public space thus affecting the quality of life of all Congolese, but more the poorest population such as the Ndenga. Following Amartya Sen, we consider that poverty is not only due to lack of income, but is mostly considered as the absence of "capabilities". That is, the lack of real freedoms to convert disposable goods into actual operations. A perspective also pursued by A. Sen, Thomas Pogge, Martha Nusbaum and A. RenautOn the basis of this observation, our first task will be to justify, if among the contemporary theories of justice, especially those which are conceived as applied to the development, are those which are likely to be applied more especially in a context of extreme as in the case mentioned, with a view to proposing an acceptable development program on this point. Since to date, the development program set up in the Democratic Republic of the Congo has shown, in the way that it was understood (or misunderstood, or betrayed in the Congo), its limits by creating conditions of injustice . In the second moment, we relied on the observation of failure of traditional justice theories unsuited to situations of extreme poverty to propose an approach by engaging in an applied political philosophy starting from indicators of extreme poverty or indicators. of human development in the Congo, especially among the Ndenga Pygmies, and try to develop, from there, new normative references to identify the priorities that it would be right to put forward in a process of remedying these injustices express in terms of extreme poverty.Beyond the specific question, raised by the fate of the Pygmies of Congo, the process undertaken also consisted of a contribution to the reflection on the alternative, between philosophy of principles and philosophy ex datis in the field of development. It will also be necessary to justify whether contemporary theories of justice based on a principle such as the extension of real liberties, and on what conditions, have achieved the objective that they have set themselves for the reduction. inequalities between individuals when faced with situations of extreme injustice. In the third and last part, we are talking about a series of proposals that could solve the extreme poverty of the Ndenga. Clearly, the priority will focus on the Ndenga man who will have to be carried by the legal, political, social and economic more just to enable him to live in the end, according to his choice. The agenda to be put in place focuses on the process of empowering the Pygmies Ndenga so that they enjoy full rights of all prerogatives recognized Congolese citizens.

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