Marginalité et communauté dans l'oeuvre romanesque de Maryse Condé, William Faulkner et Rachel de Queiroz

par Julie Brugier

Thèse de doctorat en Littératures comparées

Sous la direction de Camille Dumoulié.

Le président du jury était Yolaine Parisot.

Le jury était composé de Camille Dumoulié, Yolaine Parisot, Rémi Astruc, Yves Clavaron, Jean-Claude Laborie, Jonathan Pollock.

Les rapporteurs étaient Rémi Astruc, Yves Clavaron.


  • Résumé

    Cette thèse porte sur la façon dont les romans de Maryse Condé, William Faulkner et Rachel de Queiroz élaborent des poétiques romanesques de la communauté et de la marginalité sociale. En empruntant des outils théoriques à la philosophie, à la sociologie et aux études postcoloniales, il s’agit de réfléchir aux modalités de représentation de la communauté et de la marginalité sociale dans ces romans, tout en situant ces notions dans des contextes sociopolitiques précis. L’un des enjeux de ce travail est aussi de montrer la pertinence d’un rapprochement entre la littérature du Sud des États-Unis, des Antilles françaises et du Nord-Est du Brésil, des aires culturelles qui suscitent un nombre croissant d’études comparatistes. Les textes du corpus oscillent entre construction et déconstruction d’un imaginaire de la communauté. Dans ces œuvres, les communautés fictives fondent leur cohésion sur des mécanismes de marginalisation et de domination, dont le lecteur peut devenir complice. Les dispositifs narratifs complexes sur lesquels elles reposent le placent ainsi dans une position inconfortable, en exposant la violence qui peut sous-tendre la pratique herméneutique. Ces romans n’aboutissent donc pas à une idéalisation de la communauté : leur désenchantement expose les apories du concept. Ce n’est que de façon marginale que l’imaginaire de la communauté peut se renouveler, en fonctionnant comme un contre-chant mineur et fugitif au sein de ces œuvres.

  • Titre traduit

    Marginality and community in the novels of Maryse Condé, William Faulkner and Rachel de Queiroz


  • Résumé

    This thesis aims at showing how the works of Maryse Condé, William Faulkner and Rachel de Queiroz develop a narrative poetics of community and marginality. Drawing on philosophy, sociology and postcolonial studies, it reflects on the ways community and marginality can be represented in the novel, whilst setting these concepts within specific political and sociological contexts. This work also strives to demonstrate the validity of a comparative approach of the literature from the Southern United States, the French West Indies and the Brazilian North East: these three cultural areas have been the subject of a growing body of academic work. The body of texts examined alternatively focuses on constructing and deconstructing the fictionalization of community. In these novels, fictional communities are founded on marginalization and mechanisms of power relation and domination, such behaviors in which the reader can become complicit. The complex narrative structures on which communities are laid on place the reader in an uncomfortable position, exposing the underlying violence of all hermeneutic practices. Therefore, these novels do not idealize the concept of community, so much as their pessimism fully disclosing the aporia within. It is thus only in a marginal manner that the fictions of community can be reinvented, acting as a minor and evasive counter-melody within the narratives.

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