Logement social et nouvelles pratiques artistiques

par Marie-Kenza Bouhaddou

Thèse de doctorat en Aménagement et urbanisme

Sous la direction de Hélène Hatzfeld.


  • Résumé

    Cette thèse interroge les relations qui existent entre logement social et nouvelles pratiques artistiques. Elle vise à comprendre pour quelles raisons, à quelles conditions et jusqu’à quel point des organismes de logement social s’engagent dans le portage de projets artistiques. Je désigne par « nouvelles pratiques artistiques » des projets réalisés in situ, qui mettent des habitants des quartiers populaires au fondement de leur démarche et questionnent les modes de faire des acteurs. En s’appuyant sur trois cas, deux à Lyon et un à Dunkerque, l’analyse des relations porte sur les modalités et les effets des jeux d’acteurs, en termes de relations de pouvoir, d’affect et de demandes de légitimités, de modes de faire, de spatialités et de matérialités des projets. Ma thèse montre un inégal engagement des bailleurs sociaux. Elle met en évidence l’émergence, à travers des projets qui impliquent des artistes et les habitants, de nouvelles manières de participer, de nouveaux acteurs de la participation, mais aussi de nouvelles façons de faire la ville. Elle montre la possibilité pour des organismes de logement social d’acquérir de nouvelles compétences. Les relations entre logement social et nouvelles pratiques artistiques se heurtent à plusieurs difficultés. Du fait d’un fonctionnement pyramidal, les modes de faire ne changent pas véritablement à l’échelle des organismes qui se replient alors sur leurs savoir-faire techniques propres et ont du mal à intégrer la coopération avec d’autres acteurs. Sans un portage politique franc, les organismes peinent à s’impliquer. Enfin, en temps de déprise économique, les bailleurs sociaux peinent à s’engager dans des projets sur l’espace public. Ils réduisent de plus en plus leur échelle d’intervention au tour d’immeuble. Dans ce contexte, le renouvellement des pratiques artistiques montre aussi ses limites, dans leur difficulté à être distinguées d’activités socioculturelles, à créer des relations avec les habitants favorisant leur pouvoir d’agir, et à être légitimées comme artistiques par les institutions culturelles.

  • Titre traduit

    Social housing and new artistic practices


  • Résumé

    This thesis questions the relationship between social housing and new artistic practices. It aims to understand why, under what conditions and to what extent social housing organizations engage in the carrying of artistic projects or support for them. I refer to "new artistic practices" as in situ projects, which bring people from working-class districts to the foundations of their approach and question the ways of doing things by different actors. Based on three cases, two in Lyon and one in Dunkerque, the analysis of the relationships deals with the modalities and the effects of the games of actors, in terms of relations of power, affect and demands for legitimacy, but also in terms of ways of doing, spatiality and materialities of the projects. My thesis shows a very uneven commitment of social housing organizations. It highlights the emergence, through projects that involve artists and inhabitants, new ways of participating, new actors of participation, but also new ways of doing the city. It shows the opportunity for social housing organizations to acquire new skills, gain visibility and approach their relationships to their tenants differently. However, the relations between social housing and new artistic practices face several difficulties. Due to a pyramidal operation, the ways of doing things do not really change at the level of the organizations which then fall back on their own technical know-how and have difficulty integrating the cooperation with other actors than the usual actors of construction and urban planning. Without a free political carry, the organizations struggle to get involved. Finally, in times of economic downturn, social housing organizations are struggling to engage in projects on the public space. They increasingly reduce their scale of intervention around the building. In this context, the renewal of artistic practices also shows its limits, in their difficulty to be distinguished from sociocultural activities, to create relations with the inhabitants their power to act, and to be legitimized as artistic by the cultural institutions.


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