Pensée, narration, fiction. L’art combinatoire de l’essayisme italien hypercontemporain (2000-2019)

par Marine Aubry-Morici

Thèse de doctorat en Études italiennes

Sous la direction de Maria Pia De Paulis-Dalembert.


  • Résumé

    La thèse propose d’étudier les phénomènes actuels de contamination générique entre le récit et l’essai dans la littérature italienne du XXIe siècle, à travers la catégorie de l’essayisme. Elle s’appuie sur les théories de l’essai formulées au XXe siècle, en particulier celles de Lukács, Bense et Adorno, à partir d’un corpus hypercontemporain (Franco Arminio (1960 - ), Vitaliano Trevisan (1960 - ), Tommaso Pincio (1960 - ) et Giorgio Vasta (1970 - ). Si l’essai italien a été surtout circonscrit à la critique littéraire ou politique, ses nouvelles formes, sur fond général d’hybridation entre fiction et non fiction, mettent en crise les catégories existantes. La thèse montre leur continuité avec la tradition depuis Montaigne, celle d’une écriture réflexive organisée par le « je ». L’essayisme italien actuel médite, commente, spécule, autour d’objets divers, et s’autorise pour cela de plus en plus le recours à la narra- tion et à la puissance imaginative. Il est donc étudié comme écriture combinatoire et mimétique qui emprunte des formes aux autres genres (biographie, autofiction, reportage narratif) et puise des procédés littéraires dans le réservoir de la littérature (épiphanies, allégories, dépaysements) au service d’une « pensée en train de se faire ». La recherche montre qu’en alliant pensée, narration et fiction, il fait de sa portée réflexive et de la « thématisation » son pivot organisateur. Elle interroge cette pensée du réel et cette écriture critique en les mettant en regard avec la philosophie, l’anthropologie et la sociologie de notre temps, pour montrer que ces formes d’écritures forment un laboratoire du sens et d’interprétation de notre présent.

  • Titre traduit

    Thought, Narrative, Fiction. The Combinatorial Art of Hypercontemporary Ital- ian Essayism (2000-2019)


  • Résumé

    The dissertation proposes to study current phenomena of generic contamination between the story and the essay in Italian literature of the 21st century, by way of the category of essayism and by drawing on theories of the essay formulated in the 20th century, in particular those of Lukács, Bense and Adorno, considering a hyper-contemporary corpus (Franco Arminio (1960 - ), Vitaliano Trevisan (1960 - ), Tommaso Pincio (1960 - ) and Giorgio Vasta (1970 - ). If the Italian essay has been often confined to the forms of literary or political criticism, its newest forms, renewable in more general contexts of hybridization between fiction and nonfiction, put existing categories in a state of crisis. The dissertation shows that in continuing the tradition of reflexive writing organized around the “I,” (Mon- taigne), current Italian essayism mediates, comments, speculates around a variety of objects, and in doing so, allows itself more and more to resort to narrativity and the power of the imagination. It is therefore studied as a combinatory and mimetic form of writing that borrows forms from other genres (biography, autofiction, narrative reporting) and draws on the literary reservoir for its processes (epiphanies, allegories, estrangement) in order to serve the “thought in the making.” The research reveals that current Italian essayism, in making allies of thought, narration and fiction, presents itself as an ars combinatoria basing its organizational fulcrum on its reflexive scope as well as on “thematization.” It questions this reflection on the real and this critical writing of the present, through their con- sideration alongside the philosophy and anthropology of our time.

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